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À la découverte d’une diversité mal connue : Bioblitz sur le mont Albert en Gaspésie

Par Simon Pesant, étudiant à la maîtrise à l’Université de Montréal

Dans le contexte de Blitz the Gap, mon laboratoire et de multiples autres biologistes sommes allés faire un bioblitz sur le mont Albert en Gaspésie. Un bioblitz est un événement où des biologistes essaient de recenser la plus grande diversité d’organismes possible dans un endroit. Blitz the Gap est un projet visant à financer des bioblitz afin de remplir les trous dans les données de biodiversité au Canada.  Nous nous sommes assurés d’avoir des biologistes avec des expertises dans des domaines complémentaires, mais la plupart étaient botanistes. L’étudiant entomologiste qui devait venir ne pouvait pas finalement, donc j’ai dû remplir ce rôle même si je suis plutôt botaniste. 

Nous nous sommes réunis le matin du 13 juillet 2025 au pied de la montagne afin de commencer notre montée ardue. Nous avons choisi le mont Albert puisqu’il abrite une flore intéressante et le reste de sa diversité n’est pas bien connue.  Nous n’avons pas pris trop de temps pour observer des espèces durant la montée puisque les plus intéressantes sont plutôt sur le plateau et la vallée du Diable. Il faut savoir que le mont Albert abrite beaucoup de serpentine, une roche qui contient entre autres choses beaucoup de magnésium, ce qui rend les conditions chimiques du milieu difficile pour les plantes. Une flore particulière adaptée à ces conditions peut donc être retrouvée sur le mont, dont deux espèces endémiques (Salix chlorolepis et Solidago chlorolepis). 

Après une montée à pic, nous sommes finalement arrivées en haut, où le « fun » commence. Les botanistes ont rapidement commencé à faire des observations iNaturalist (une plateforme de science citoyenne) des espèces de plantes d’intérêt. La flore de cette montagne est assez bien connue, donc de mon bord je voulais voir quelle diversité d’insectes peut y être trouvée. Pour ce faire, j’étais armé d’un filet et des multiples flacons avec de l’alcool pour récolter des insectes (avec les permis nécessaires, bien sûr). J’ai commencé ma récolte sur le bord d’un étang sur le plateau, où j’ai passé quelques coups de filet dans la végétation pour attraper ce que je pouvais.

Ma première récolte sur le plateau du mont Albert.

Rentrer mes récoltes dans des tubes étroits était finalement plus difficile que je le croyais, mais je me suis tranquillement amélioré. J’ai continué à récolter des insectes en battue un peu partout sur le plateau, puis il était finalement temps de descendre dans la vallée du Diable.

Vue sur la vallée du Diable, depuis le plateau.

La descente était assez difficile, car elle se faisait sur des gros blocs de roches pendant des kilomètres. J’ai éventuellement manqué d’eau. J’ai pu remplir mes bouteilles dans une belle rivière froide (qui passait à travers des roches un peu toxiques) et je ne suis ni mort ni devenu malade! J’ai continué à récolter des insectes dans des micro-habitats intéressants le long de la descente et, sans que je le sache, mon travail ne faisait que commencer…

Rendu au Centre sur la biodiversité du Jardin botanique, j’ai dû commencer le travail ardu de séparer tous mes insectes des fragments de plantes et autres choses dans mes tubes à l’aide de pinces et d’un microscope à dissection. Après pas mal de travail, j’arrivais à avoir des échantillons assez purs d’insectes, que j’ai ensuite organisés en ordres taxonomiques (ex: Hymenoptera, Coleoptera, Diptera, etc.).

Exemple d’échantillon d’insectes vu à travers un binoculaire.

J’ai ensuite commencé à prendre des photos des individus afin de les mettre sur iNaturalist pour que des vrais entomologistes les identifient. Je n’ai pas encore fini ce travail à ce jour. J’ai notamment récolté beaucoup de micro-hyménoptères, un groupe encore mal connu. Il est donc même possible que j’aie dans mes échantillons des espèces n’ayant pas encore été récoltées auparavant, mais ce sont plutôt des experts qui pourront le confirmer.

Photo macro d’un micro-hyménoptère récolté.

Cette expérience m’a été enrichissante et m’a permis de découvrir des groupes d’insectes que je ne connaissais pas beaucoup. J’espère également que mes récoltes pourront aider à mieux connaître la diversité d’insectes qui peut être retrouvée sur le mont Albert, un habitat assez unique.

À propos de l’auteur:

Simon Pesant est un étudiant à la maîtrise à l’Université de Montréal dans le laboratoire d’Étienne Léveillé-Bourret. Il étudie la floristique et l’écologie de l’estuaire d’eau douce du fleuve Saint-Laurent.

Post date: January 20, 2026

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