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Anecdote de terrain : «Oups!»

Cette histoire est une des gagnantes pour notre concours d’anecdote de terrain de 2017.

par Carolyne Houle

À
l’été 2016, j’étais stagiaire pour un projet dont le terrain se fait en grande
partie dans des champs. L’accès à nos zones d’études n’est pas toujours facile,
et il faut souvent enjamber de gros obstacles. Un matin, mon coéquipier et moi
avons commencé notre journée particulièrement tôt, puisque nous avions
énormément de travail à faire et que nous nous devions de finir le tout avant
la fin de la journée. Arrivés au premier site d’échantillonnage, nous nous
sommes séparés pour réaliser nos tâches. Nous nous trouvions chacun à une des
extrémités d’un champ dont le maïs m’arrivait environ aux genoux. Juste avant
d’atteindre le site où je me rendais individuellement, il y avait un gros
ruisseau à traverser. Bien sûr, j’aurais pu le contourner, mais cela aurait
impliqué une dépense d’énergie inutile, ainsi qu’une perte de temps (oui, je
suis paresseuse). J’ai donc décidé de sauter par-dessus le ruisseau pour le
franchir. En m’exécutant, j’ai entendu un gros « crrrrrrrriiiissshhh »… C’était
le bruit de mon pantalon, qui venait de rendre l’âme suite à mon enjambée un
peu trop intense.

J’étais donc prise à l’autre bout d’un champ, les pantalons
déchirés d’un bord à l’autre, les bobettes à l’air et, bien évidemment, je
n’avais aucun linge de rechange. Pendant un instant, j’ai paniqué. Je savais que
nous avions encore des heures de travail devant nous et que je n’avais donc pas
le temps de retourner à la maison pour y chercher d’autres pantalons (tu parles
d’un moment pour porter tes sous-vêtements aux couleurs les plus flamboyantes !).
J’ai donc considéré le peu de matériel que j’avais en ma possession qui
pourrait me permettre de réparer la « Faille de San Andreas » de mes
pantalons : balance, crayon, cahier, « duct tape », vis, pinces à baguer….
« DUCT TAPE » !!! Eh oui… j’ai donc entrepris de me former un nouveau fond de
culotte en « duct tape ». Avec beaucoup de difficulté (et de couches de « duct
tape »), et tout en demeurant accroupie, pour me cacher derrière le maïs afin d’éviter
de dévoiler mes sous-vêtements au monde entier, j’ai finalement réussi à
réparer l’énorme trou. Pour le reste de cette longue journée particulièrement
chaude, j’ai donc dû accepter le fait que mes pantalons de fortune resteraient
collés sur ma peau à chacun des pas que je ferais. C’était particulièrement
chic et confortable (… non), mais, au moins, j’ai pu terminer ma journée de
terrain sans divulguer mes merveilleux sous-vêtements à tout le monde !


Carolyne Houle est étudiante à la Maîtrise à l’Université de Sherbrooke en écologie moléculaire. Elle est passionnée par l’écologie, et plus particulièrement par les aspects évolutifs et comportementaux de cette discipline. Dans le cadre de sa maîtrise, elle étudie les fluctuations de sélection naturelle agissant sur les oisillons de l’hirondelle bicolore.

Post date: January 12, 2018

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