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Des salamandres à points bleus en Suisse!

par France Beauregard

Ayant déposé la première version de ma maîtrise à la mi-janvier, je peux maintenant prendre du recul sur mon expérience en recherche et sur ma participation à la conférence internationale à l’ESEB, qui s’est déroulée à Lausanne en Suisse.

Vers la fin de l’été, j’ai eu la chance de présenter un volet de mes travaux de maîtrise. J’utilise un modèle biologique assez particulier, les hybrides du complexe de la salamandre à points bleus. Au Québec, on retrouve différents niveaux de ploïdie chez ces hybrides, avec une prédominance de triploïdes.

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Un hybride du complexe de la salamandre à points bleus, capturé dans un étang de reproduction. Les hybrides ne sont pas physiquement distinguables des salamandres à points bleus “pures”, si ce n’est qu’ils sont souvent plus gros.

Comme il s’agit d’un organisme discret et fouisseur, l’échantillonnage des salamandres à points bleus est beaucoup plus efficace lors de la période de reproduction, lorsqu’elles se regroupent dans des étangs forestiers. La reproduction a lieu très tôt au printemps, lorsque le sol vient de dégeler et qu’il reste encore des parcelles de neige en forêt et de la glace sur les étangs. Ça a été un véritable sprint de couvrir plusieurs sites au Québec. Je n’aurais pas pu y arriver sans l’aide de précieux collaborateurs, notamment au Parc national de la Yamaska, au Parc de la Rivière Batiscan et au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

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Un étang de reproduction au Parc National de la Yamaska. La glace n’a pas fini de fondre qu’aussitôt l’étang est pris d’assaut par des salamandres à points bleus et maculées, ainsi que des grenouilles des bois en pleine période de reproduction.

Ce modèle permet d’étudier la gestion de différents niveaux de ploïdie grâce à l’épigénétique, qui modifie l’expression des gènes. Plusieurs organismes polyploïdes gèrent le nombre inhabituel d’allèles (et donc de produits de gènes) via l’épigénétique, en inhibant les allèles supplémentaires.

Une fois l’échantillonnage complété, le plus gros du travail reste à faire! La récolte des données épigénétiques demande beaucoup de travail en laboratoire.

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Lecture d’un gel de MSAP (Methylation Sensitive Amplification Polymorphim), un technique pour étudier l’épigénétique.

L’épigénétique est un sujet de plus en plus populaire en recherche. Cependant, en biologie, encore peu de chercheurs œuvrent dans ce domaine et j’étais à la recherche d’une occasion intéressante de discuter avec des spécialistes de ce sujet. J’ai été vivement attirée par la programmation de l’ESEB 2015 (European Society for Evolutionary Biology), qui couvrait plusieurs volets touchant l’épigénétique. C’est donc en août 2015 que je m’envolais pour la Suisse, à Lausanne, pour participer à ma première conférence internationale!

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Le pavillon principal de la conférence, l’Amphimax, à l’Université de Lausanne, en Suisse.

Les organisateurs du symposium d’épigénétique (Conchita Alonso et Ovidiu Paun) nous avaient invités à une petite soirée informelle le premier jour de conférence, afin qu’on puisse échanger avec d’autres professeurs et étudiants-chercheurs en épigénétique. Nous avons donc dîné au magnifique restaurant Le Casino de Montbenon, pour finalement rejoindre le reste des participants à la conférence à une soirée de bienvenue. Ça a été pour moi l’occasion de faire un premier contact avec certains chercheurs en épigénétique.

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Le Casino de Montbenon, où les participants à la conférence pouvaient se rejoindre après les journées de présentations pour fraterniser. L’architecture, intérieure et extérieure, était impressionnante, et le restaurant était perché en altitude, donnant sur une vue magnifique du lac Léman.

Durant la conférence, un après-midi était réservé afin de nous permettre de découvrir Lausanne et les environs. J’ai choisi de prendre une excursion organisée pour la conférence dans les Alpes suisses. Nous nous sommes donc rendus en train aux Rochers-de-Naye, à 2042 m d’altitude.

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La dent de Jaman, un des plus beaux pics des Rochers-de-Naye.

Après une excursion en montagne, nous avons eu le plaisir de prendre part à une fondue suisse, dans un restaurant perché en haut des montagnes, avec une vue magnifique de la vallée en plongée.

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Le restaurant au sommet des Rochers-de-Naye, le Plein Roc. La vue, une plongée dans la vallée, était superbe, même si je n’ai pas pu la prendre en photo en raison du contre-jour. Nous avons pu déguster une spécialité suisse bien connue, la fondue au fromage. Le retour en train nous a permis d’avoir une discussion très intéressante sur l’épigénétique, avec d’autres chercheurs dans le domaine, dont Eva Jablonka que l’on voit sur la photo.

J’ai présenté mon affiche le jeudi soir, avant-dernier jour de conférence, lors d’une soirée de présentation achalandée. J’ai pu discuter de mes résultats avec plusieurs chercheurs et éditeurs de journaux scientifiques, issus de divers domaines touchant l’évolution.

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Mon affiche, Ephemeral vs persistant triploids: two modus operandi.

Le Prix d’excellence du CSBQ m’a donc permis d’avoir le soutien nécessaire pour participer à la conférence 2015 de l’ESEB. J’ai eu l’occasion de présenter mes résultats à la communauté scientifique internationale et de discuter avec des spécialistes en épigénétique, un volet plus pointu de mon projet. Ça a été une expérience formidable!

Post date: May 04, 2016

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