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Récit de voyage en Californie : à la rencontre de la flore locale

Par Thomas Villeneuve, étudiant à la maîtrise à l’Université de Montréal

Cet été avait lieu la conférence Botany 2025, à Palm Springs, organisée par la Botanical Society of America. Simon Pesant et moi, deux étudiants du laboratoire de floristique d’Étienne Léveillé-Bourret, y avons assisté, en plus de présenter nos projets de maîtrise respectifs.

Nous avons pensé que, tant qu’à être en Californie, il serait intéressant d’aller explorer les milieux naturels, regorgeant de plantes endémiques. C’est pourquoi, après la conférence, nous avons loué une voiture et pris la route en direction du Nord. En Californie, il y a une chaîne de montagnes qui scinde le territoire en deux : la Sierra Nevada. Cette chaîne de montagnes s’étend jusqu’au Nevada et présente une grande diversité de paysages, et, par le fait même, de plantes qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Notre route s’est donc faite à l’est de la Sierra Nevada, et nous avons fait halte dans les petites villes de Bishop, Mammoth Lakes et Mono City. Tout au long de notre périple, nous avons utilisé l’application iNaturalist pour compiler nos observations de plantes et avons récolté des spécimens dans le but de bonifier la collection de l’herbier Marie-Victorin.

Visite du parc national de Joshua Tree situé près de Palm Spring, où se déroulait la conférence

Notre première sortie sur le terrain a donc été une exploration des zones alpines de la Sierra Nevada. Au cours de cette sortie, nous avons compilé plus de 60 observations sur iNaturalist et récolté plus d’une dizaine de spécimens. Ici, la route sillonne la montagne jusqu’à plus de 3 000 mètres d’altitude, ce qui permet d’accéder aux zones alpines sans trop déployer d’efforts.

Zone alpine dans la Sierra Nevada, à 30 minutes de route de la petite ville de Bishop

Le lendemain, nous avons exploré la forêt des pins de Bristlecone. Ces arbres, qui sont adaptés à pousser entre 3 000 et 3 400 mètres d’altitude, sont résistants aux feux et peuvent vivre jusqu’à 4 800 ans. C’était très impressionnant à voir.

Pins de Bristlecone (Pinus longaeva)

Nous avons ensuite pris la route vers San Francisco. Sur le chemin, nous devions nous arrêter au parc national de Yosemite, un incontournable de la région.

Selfie avec le mythique El Capitan dans le parc national de Yosemite

À San Francisco, nous avions deux objectifs : une sortie sur le terrain planifiée avec un botaniste local, puis une visite d’herbier.

Notre première journée, nous nous sommes donc rendus au point de rendez-vous convenu, un ranch un peu perdu dans une zone rurale. C’est là que nous avons rencontré Morgan Stickrod, un botaniste californien d’une trentaine d’années, avec qui j’ai eu l’occasion de collaborer dans le cadre de ma maîtrise. Le but de cette journée était d’explorer Suisun Marsh, un marais salé situé au nord de la baie de Suisun. Le plus grand marais de Californie. On peut y trouver plusieurs plantes endémiques très charismatiques. Morgan a étudié cet écosystème pendant plusieurs années; il était donc le guide parfait pour visiter cet endroit, puisqu’il connaissait très bien le milieu et les plantes qu’on peut y trouver. J’ai notamment pu observer Cicuta maculata var. bolanderi, une plante endémique des marais salés de Californie, considérée comme menacée, et qui se trouve à être très apparentée à la plante que j’étudie moi-même dans le cadre de ma maîtrise. Comme les autres plantes dans son genre, elle est extrêmement toxique, et elle nous a d’autant plus impressionnés par sa hauteur.

Photo de moi dans le marais salé de Suisun avec des plants de Cicuta maculata var. bolanderi qui font plus de 2m de hauteur

Les jours restants de notre voyage, nous les avons passés à la California Academy of Sciences, une institution qui possède l’une des collections d’histoire naturelle les plus importantes de l’Ouest des États-Unis. Nous avons donc passé deux jours à visiter l’herbier, passant en revue certains groupes dans leur collection de plantes, tout en révisant les identifications et en récoltant des données pour nos projets de recherche. Nous avons également déposé une trentaine de spécimens d’herbier qui seront envoyés à Montréal pour qu’ils soient intégrés à la collection de l’herbier Marie-Victorin.

Travail à l’herbier de la California Academy of Science

Entre déserts et montagnes, la Californie se distingue par la richesse de ses paysages et de sa biodiversité. Au fil de ce voyage consacré à la botanique, nous avons eu la chance de découvrir des lieux exceptionnels et de faire de nombreux apprentissages. Ce voyage a notamment été rendu possible grâce au généreux soutien financier du CSBQ et de l’IRBV, ainsi que l’appui de notre directeur de recherche, Étienne Léveillé-Bourret.

À propos de l’auteur

Thomas Villeneuve est étudiant à la maîtrise dans le Laboratoire d’Étienne Leveillé-Bourret à l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) à l’Université de Montréal. Son projet de recherche porte sur la taxonomie de la Cicutaire de Victorin, une plante endémique et menacée au Québec, dont les incertitudes taxonomiques entravent la conservation.

Post date: December 30, 2025

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