Par Ariane Pouliot-Drouin, Étudiante à la maîtrise à l’Université de Montréal
En juillet 2024, j’ai eu l’incroyable chance de présenter une affiche sur mon projet de maîtrise à Puerto Vallarta, au Mexique, lors du congrès international de la « Society for Molecular Biology and Evolution » (SMBE2024). Je suis présentement au ¾ de ma maîtrise, le moment où, après de nombreuses heures à lire des articles sur la coévolution mitonucléaire et l’hétéroplasmie, il m’est possible de dire que je suis une experte de mon sujet. Rapidement, celui-ci consiste à l’étude de l’hétéroplasmie mitochondriale dans les branchies de bivalves et son impact sur les activités d’enzymes clés du métabolisme mitochondrial. Après avoir assisté aux premiers symposiums j’ai rapidement vécu un « reality check » par rapport à mon sentiment d’expertise générale en biologie. La maîtrise d’un domaine bien précis n’assure malheureusement pas la compréhension de toutes les présentations en biologie moléculaire. Naïvement, je me disais : « Bon, c’était juste un sujet particulièrement difficile, ça peut être normal que je n’ai rien compris passé l’introduction. » Mais au deuxième, puis au troisième, et après avoir échangé des regards perplexes avec mes collègues, j’ai compris que « particulièrement difficile » était la norme. Les sujets touchés couvraient un large éventail de sujets dont la paléogénomique et la génomique, les transposons, l’épigénétique, la génétique des populations, et plus encore. Heureusement, l’essence même de ces congrès est d’élargir nos connaissances ainsi que nos horizons. Cela m’a rappelé que, même après une année et demie à lire sur un sujet particulier, ceci ne représente qu’une infime partie du merveilleux et vaste monde de la biologie. Cela m’a surtout permis de relativiser les quelques mois qui s’en viennent à rédiger. Ce n’est que le début de ma carrière en sciences, je ne connais peut-être pas grand-chose pour l’instant, mais c’est justement ce qui est motivant et passionnant avec ce choix de carrière. J’ai la possibilité d’apprendre toujours plus, et ce, toute ma vie, puisqu’il n’y a pas de limite à ce que l’on peut étudier.
En prime de toutes les conférences qui m’ont apporté de nouvelles connaissances (puisque j’ai tout de même compris des choses), j’en ai beaucoup appris sur la culture du Mexique. Je lève mon chapeau aux organisateurs de la SMBE2024 qui ont su introduire, avec grand succès, des éléments culturels du pays pendant les 5 jours de symposiums. Ceux-ci ont été célébrés et mis de l’avant, autant par l’entremise de la nourriture, des décors ou des divertissements. J’ai pu avoir un aperçu vibrant de Puerto Vallarta lors du cocktail d’accueil où nous avons été introduits à des plats typiques ainsi qu’à des aliments particuliers comme les grillons grillés. Le tout accompagné de musique locale et de costumes traditionnels. Et que dire de la soirée de gala ? De la cuisine locale, des spectacles éblouissants, et bien sûr, un peu de tequila, une spécialité particulièrement reconnue (et appréciée). Bref, d’avoir utilisé le contexte de ce congrès afin de partager une partie de la culture locale avec nous a rendu cette expérience d’autant plus incroyable et complète.
En dehors du contexte de la SMBE, le voyage lui-même m’a permis d’apprécier la biodiversité incroyable de Puerto Vallarta. Curieusement, une gang de biologistes en vacances ont eu comme conséquence d’augmenter radicalement l’achalandage des visites à la réserve naturelle avoisinant le centre des congrès. Les guides en sont restés un peu surpris. L’expérience de visiter une mangrove, un écosystème complètement nouveau pour moi, m’a définitivement marquée et j’en revient avec un surplus de photos. Ce fût une expérience touristique surprenante en général. Qui d’autre peut dire qu’ils ont croisé un crocodile en se rendant au resto à la Marina ou observé des Urubus à tête noire depuis leur balcon ? Tout cela a été possible grâce au soutien généreux de la bourse d’Excellence du CSBQ et j’en suis fort reconnaissante.




Bref, je reviens de cette expérience plus humble, mais surtout plus passionnée que jamais par la biologie. Et je dois dire, cela fait du bien de regarder autre chose que l’écran de mon ordinateur afin de profiter d’un si beau pays que le Mexique avant de me remettre à l’écriture de mon mémoire.

À propos de l’auteure : Ariane Pouliot-Drouin est étudiante à la maîtrise dans le laboratoire de Dr. Sophie Breton à l’Université de Montréal. Elle travaille sur l’hétéroplasmie mitochondriale naturellement retrouvée chez des espèces de bivalves et son impact sur leur physiologie, plus particulièrement sur le métabolisme énergétique mitochondrial.
0 Comments