Par Marianne Turcotte, Étudiante à la maîtrise à l’Université du Québec à Rimouski
C’est vers la fin de mon parcours à la maîtrise en biologie à l’Université du Québec à Rimouski que j’ai eu l’incroyable opportunité de collaborer avec la chercheuse Dre. Sabrina Clavijo-Baquet, basée à l’Université de la République en Uruguay (Udelar). Grâce au prix d’excellence du CSBQ, j’ai eu la chance de rejoindre son équipe de recherche durant les mois d’octobre, novembre et décembre 2024. Aux côtés de Felipe Hourcade, étudiant à la maîtrise à l’Udelar, j’ai contribué à un projet de recherche à la station expérimentale INIA Las Brujas, dans le département de Canelones en Uruguay.

Ce projet, portant sur la reproduction du fournier roux (Furnarius rufus), combinait écophysiologie et éthologie. Le fournier roux profite des installations anthropiques et des arbres pour accueillir son nid, autant en milieu urbain que rural ou sauvage. Nous avons suivi de près des nids actifs en mesurant plusieurs paramètres, tels que la température interne du nid, le taux de croissance des poussins et leur taux d’approvisionnement par les parents. Nous avons aussi effectué des mesures en laboratoire via un système de respirométrie pour mesurer la conductance maximale et le taux métabolique de base. Nos journées de travail étaient passées en grande partie à l’extérieur, entourés d’une faune et d’une flore impressionnantes. Chaque jour, je mesurais ma chance d’être immergée dans un tel environnement. C’était une première pour moi de voyager à l’extérieur de l’Amérique du Nord en tant que biologiste et ornithologue, et l’Uruguay m’a réellement ébloui. Le nombre d’espèces observées pour la première fois, dont le fournier roux, restera gravé dans ma mémoire.

Mais ce séjour n’a pas été uniquement scientifique. J’ai également eu la chance de découvrir certains des lieux les plus emblématiques de ce pays merveilleux. Mon aventure a commencé par une visite à Colonia del Sacramento, où j’ai exploré le quartier historique, visité des musées fascinants, et même chassé des fossiles sur une plage déserte. Quelques jours avant mon retour au Canada, j’ai visité Punta Ballena, dont la plage de sable fin a marqué la fin de mon séjour sur le terrain. J’ai ensuite exploré Punta del Este et la Barra, deux endroits prisés pour leurs plages et leur ambiance détendue. Le Museo del Mar, l’un des plus beaux musées que j’aie visités, y rassemble des collections impressionnantes d’animaux marins, mais également d’objets historiques, d’insectes et de vieux livres. Pour clore mon voyage, je me suis rendue à Cabo Polonio, un hameau isolé du reste du monde par des dunes de sable, où la colonie de lions de mer, le phare pittoresque, l’ambiance de bout du monde et les baignades matinales resteront parmi mes souvenirs les plus précieux.

Cette expérience m’a ouvert les yeux sur la réalité de la science dans un contexte socioéconomique différent de celui que j’ai connu au Québec durant ma maîtrise. Qui pourrait imaginer toute la polyvalence de la colle chaude et des tie-wraps ?
En somme, l’Uruguay est un pays d’une beauté exceptionnelle, et j’y retournerais sans hésiter, que ce soit pour le travail ou pour explorer davantage ses trésors cachés. Si vous souhaitez découvrir un pays chaleureux où le maté, les asados, la plage et l’hospitalité locale font le charme du quotidien, l’Uruguay est un incontournable.Je tiens à remercier sincèrement le CSBQ pour son soutien financier, le Dr. François Vézina et la Dre. Sabrina Clavijo-Baquet pour cette formidable opportunité, ainsi que Felipe Hourcade pour sa bonne humeur constante malgré les défis du terrain.

À propos de l’auteure : Marianne Turcotte a terminé sa maîtrise en biologie à l’hiver 2025, dans le laboratoire d’écophysiologie aviaire du Dr. François Vézina de l’Université du Québec à Rimouski, codirigée par le Dr. Oliver Love de l’Université de Windsor. Ses recherches portent sur les coûts physiologiques associés aux sites d’hivernage chez le plectrophane des neiges (Plectrophenax nivalis). Sa passion pour l’ornithologie a fait une apparition tardive dans sa vie, lors de l’obtention de son baccalauréat en biologie à l’Université Laval, mais ne la quitte plus depuis.
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