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De retour en France – Lyon, une nouvelle aventure scientifique

Par Maxime Clenet, Chercheur postdoctoral à l’Université de Sherbrooke

Après un an et demi au Canada, revenir en France pour participer au congrès international de la Société Française d’Écologie et d’Évolution (SFE²) à Lyon avait une saveur particulière. C’était un retour aux sources, teinté de nouveauté : retrouver des visages familiers, plonger dans de nouvelles idées, savourer l’énergie d’une communauté scientifique toujours en mouvement.

Retrouver les visages, les idées… et les bons plats

C’était ma première grande conférence en France depuis mon départ, et elle a été marquée par des retrouvailles riches en émotions, mais aussi par de nouvelles rencontres stimulantes. J’ai été impressionné par la vitalité de la communauté française d’écologie : la diversité des approches, l’enthousiasme des jeunes chercheur·e·s, et la qualité des échanges, même en dehors des sessions formelles.

Et puis… il faut le dire : la science a meilleur goût autour d’un bon repas. À Lyon, les discussions se prolongent autour de quenelles, de pralines, ou d’un plateau de fromages, et ça compte aussi dans l’expérience d’une conférence !

Courir la ville, courir après le temps

Entre les présentations, les projets en cours et une journée supplémentaire avec le groupe de recherche en écologie théorique (GDR TheoMoDive), le programme était dense. J’ai quand même réussi à m’échapper pour quelques joggings dans la ville : les quais du Rhône, la Croix-Rousse, le parc de la Tête d’Or… Des parenthèses bienvenues pour oxygéner l’esprit entre deux sessions.

Une présentation sur les habitats qui changent dans le temps

J’ai eu l’occasion de présenter un travail qui me tient particulièrement à cœur : comprendre comment les espèces persistent dans des habitats, non seulement fragmentés, mais aussi dynamiques. Les modèles classiques de métapopulations supposent souvent un paysage figé, ce qui est loin de la réalité actuelle.

En m’inspirant de méthodes issues de la physique, j’ai proposé une approche qui prend en compte l’évolution temporelle des habitats. Cette nouvelle métrique, analogue à la capacité de métapopulation, mais pensée dans un cadre temporel, permet d’évaluer la viabilité d’un paysage changeant à long terme. Une piste prometteuse pour mieux penser à la conservation dans un monde en transformation.

Des idées qui germent

La journée avec le GDR TheoMoDive a été un moment fort. En petit comité, nous avons exploré les liens entre dynamiques écologiques et temporalité des paysages. Ces échanges ont fait germer un nouveau projet collectif sur l’écologie temporelle — une thématique encore émergente, mais porteuse de nombreuses questions fondamentales. À suivre !

En résumé?

Une semaine dense, inspirante, pleine de science, de rencontres et… de gastronomie lyonnaise. Ces moments nourrissent nos idées autant que notre motivation. Je repars avec l’envie de continuer à bâtir des ponts, entre disciplines, entre pays, entre approches, pour mieux comprendre les systèmes vivants. Comme un réseau, finalement.

À propos de l’auteur:

Je m’appelle Maxime Clenet. Issu d’une formation en mathématiques théoriques, j’ai réalisé une thèse en mathématiques sur le modèle de Lotka-Volterra en grande dimension, en utilisant des outils probabilistes. Je suis actuellement en postdoctorat à l’Université de Sherbrooke, au sein des équipes du Pr. Guillaume Blanchet et du Pr. Dominique Gravel.

Mes recherches se concentrent sur deux axes principaux : d’une part, créer des passerelles entre l’informatique quantique et l’écologie ; d’autre part, intégrer une dimension temporelle à l’étude des métapopulations et des métacommunautés.

En dehors de mes recherches, j’aime prendre le temps d’aller courir… beaucoup.

Post date: September 16, 2025

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