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Entre science, rencontres et couscous

Par Alice Tanguay, étudiante à la maîtrise à l’Université du Québec à Rimouski

Lors de la première semaine de février 2026, j’ai eu la chance de participer à la 18e édition de l’International Symposium on Early and Lower Vertebrates (ISELV) grâce à la bourse d’excellence du CSBQ. Cette année, la conférence se déroulait pendant une semaine dans la petite ville de Berrechid, au Maroc.

À cette occasion, j’ai présenté une communication de 15 minutes portant sur les résultats de ma maîtrise. Mon projet de recherche s’intéresse à des espèces de poissons fossiles ayant vécu il y a environ 375 millions d’années, au Dévonien. Ces fossiles proviennent du parc national de Miguasha, au Québec, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO reconnu pour la richesse exceptionnelle de ses fossiles.

Je travaille plus particulièrement sur un groupe fascinant de poissons à nageoires charnues : les porolépiformes. Aujourd’hui disparus, leurs fossiles sont les seuls témoins de leur existence et les scientifiques commencent à peine à dévoiler leurs secrets. Les porolépiformes sont essentiels pour comprendre l’évolution des vertébrés. Cependant, la rareté des spécimens complique l’étude de leur diversité et des relations entre les différentes espèces. Le parc national de Miguasha a permis la découverte de deux espèces de porolépiformes, Quebecius quebecensis et Holoptychius jarviki. Plus récemment, une potentielle troisième espèce a été mise en évidence, bien qu’elle n’ait pas encore été nommée ni décrite en détail.

Spécimen adulte de Quebecius quebecensis

Des rencontres inoubliables

La première journée de la conférence consistait en une soirée de réseautage permettant de briser la glace et de rencontrer d’autres participants. Les présentations se sont ensuite déroulées sur quatre jours. Il s’agissait de longues journées, généralement de 9 h à 17 h. Les conférences avaient lieu dans un amphithéâtre.

Comme il n’y avait qu’une seule séance de présentation, j’ai eu l’occasion de présenter lors de la dernière journée devant une centaine de scientifiques. Ma présentation durait environ 12 minutes et était suivie d’une période de questions de 3 minutes. L’expérience était particulièrement impressionnante puisqu’il fallait présenter au microphone sous de puissants projecteurs. Toutefois, cela s’est très bien passé et j’ai reçu plusieurs commentaires positifs. Il est toujours intéressant d’obtenir l’avis d’autres scientifiques.

Par la suite, le comité organisateur de la conférence nous a tous amenés à Marrakech, où nous avons eu la chance de visiter la ville et plusieurs sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous y sommes restés deux jours dans un complexe tout inclus, et c’est à cet endroit que la conférence s’est conclue.

Lors de la conférence, j’ai eu la chance de faire des rencontres extraordinaires. En tant qu’étudiante, j’ai pu rencontrer les auteurs des articles scientifiques que je lis et cite depuis le début de ma formation. Ces noms, que je voyais jusque-là uniquement sur des pages de publications, prenaient soudainement vie devant moi, autour d’un café ou lors d’une discussion après une présentation.

Cette expérience m’a permis de les découvrir sous un autre jour, beaucoup plus humains et accessibles que l’image sérieuse que l’on peut se faire en lisant leurs travaux. Derrière les figures importantes du domaine se trouvent des personnes passionnées, curieuses et profondément chaleureuses.

J’ai également tissé des liens précieux avec d’autres étudiants venant des quatre coins du monde, notamment d’Australie, du Japon et du Brésil. Dans cette petite communauté de paléontologie, j’ai ressenti un soutien immense et authentique. Il n’y avait ni compétition ni rivalité, seulement de la bienveillance et ce sentiment merveilleux d’être unis par une même passion.

On a très bien mangé !

Il fallait absolument que je vous parle de la nourriture marocaine ! Nous avons très bien mangé pendant tout notre séjour. Leur cuisine traditionnelle est incroyable : j’ai mangé le meilleur couscous de ma vie. Si vous allez un jour au Maroc, je vous conseille d’essayer les tajines et leurs pâtisseries, notamment la chebakia.

Pour les personnes véganes, cela peut être un peu plus compliqué, mais la cuisine marocaine inclut beaucoup de légumes, donc si vous êtes végétarien, c’est tout à fait faisable. Voilà, je vous mets une petite photo pour vous faire saliver !

Nous n’avons pas vraiment eu l’occasion de visiter Berrechid, puisqu’il ne s’agissait pas d’une ville particulièrement touristique, mais nous avons pu nous reprendre lors de notre séjour à Marrakech. Nous y avons découvert des endroits époustouflants. Les bâtiments étaient ornés de magnifiques mosaïques aux couleurs vives. Nous avons également visité les souks, de grands marchés où les artisans vendent notamment des produits de maroquinerie. Voici une photo de la mosquée Koutoubia, située à Marrakech.

Retour au Québec

Cette conférence m’a donné un regain de motivation pour poursuivre mes recherches et explorer de nouvelles questions scientifiques. Rencontrer des scientifiques venus des quatre coins du monde m’a également permis de développer des partenariats et d’envisager de futurs projets collaboratifs.

À notre niveau, il est facile pour les étudiants de s’isoler et d’oublier la raison pour laquelle nous avons choisi ce chemin. Mais lors d’une conférence, on réalise que notre petit grain de couscous, cette modeste contribution que représente notre recherche, prend tout son sens lorsqu’il se mêle à ceux de chercheurs venus du monde entier. Ensemble, ces grains forment un vaste champ de connaissances, et c’est en voyant cette mosaïque que l’on comprend vraiment l’importance de notre travail.

Cette semaine à ISELV 2026 restera gravée dans ma mémoire. Entre les présentations, les discussions passionnantes et les rencontres humaines, j’ai pu mesurer à quel point la science est une aventure collective. Je repars du Maroc avec de nouvelles idées, des amitiés précieuses et une motivation renouvelée pour mes recherches… et je sais déjà que j’y retournerai avec grand plaisir !

À propos de l’auteure:

Alice Tanguay est étudiante à la maîtrise en biologie à l’Université du Québec à Rimouski, au sein du laboratoire de paléontologie et de biologie évolutive du Dr Richard Cloutier. Elle se spécialise en paléontologie, plus précisément dans l’étude de poissons fossiles datant d’environ 375 millions d’années.

Post date: June 09, 2026

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