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Guide de Survie pour un premier congrès national

Par Laurianne Richard, candidate au doctorat à l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS)

Participer à un congrès national en tant qu’étudiant.e, ça peut être overwhelming. On peut se sentir si petit en présence de tous ses chercheurs d’expérience, être stressés de présenter devant autant de gens, surtout si c’est dans une langue secondaire, et même se sentir désorientés pendant les périodes de réseautage à ne pas savoir à qui aller parler ni comment les approcher. Malheureusement, il n’y a pas de cours « Vivre ton premier congrès pour les nuls » offert dans nos universités. C’est pourquoi recueillir les conseils d’étudiants comme nous est la meilleure solution pour bien se préparer à ces expériences, et c’est exactement ce que je compte faire avec ce billet en vous parlant de mon périple au Canadian Ecotoxicity Workshop à Victoria en Colombie-Britannique en octobre 2025.

Tout a commencé avec une journée de formation sur les avenues professionnelles en écotoxicologie. Nous avions devant nous un panel de chercheurs, consultants, professeurs, techniciens et bien d’autres, qui nous ont chacun présenté leur métier avec leurs avantages et leurs inconvénients. C’était une excellente opportunité d’en apprendre davantage sur ce que c’est vraiment d’être un écotoxicologiste, en plus de pouvoir échanger avec des personnes d’expérience qui nous présentaient la vraie réalité de leur métier. D’où mon premier conseil : s’il y a des journées de formations ou d’ateliers offertes durant votre prochain congrès, inscrivez-vous. C’est un bon moyen de rencontrer des gens, en plus de découvrir de nouvelles choses.

Suivant cet atelier, nous avons eu la soirée d’accueil, étant un cocktail de bienvenue où l’activité proposée était bien évidemment de réseauter. Ça peut sembler très intimidant au début. La voie facile est alors de rester avec nos amis/collègues pour discuter avec des personnes que nous connaissons déjà. Par contre, c’est important lors de ces occasions de briser ce sentiment de sécurité et d’oser aller parler à d’autres personnes. Deuxième conseil : demander de l’aide à vos directeurs et directrices de recherche pour qu’ils vous introduisent à leur collègue. Mes deux co-directeurs ont passé la soirée à me trimbaler de chercheur en chercheur pour me présenter et me faire parler de mon projet avec des professionnels du même domaine. Résultat : j’ai passé le reste du congrès à échanger et discuter avec ces personnes et j’ai reçu de précieux conseils de leur part suite à mes présentations.

Ensuite, il y a bien évidemment le congrès lui-même. La partie stressante où l’on doit présenter nos travaux en tant qu’étudiant.e qui ressent qu’il connaît peu de son projet, comparativement aux chercheurs d’expérience qui l’entourent. Que ce soit par présentation orale ou par affiche scientifique, nous voulons tous bien paraître devant le public et démontrer nos capacités de jeune chercheur. Pour ma part, je présentais un oral et une affiche, double stress. Par contre, chaque expérience a été plus qu’enrichissante. Au niveau de l’affiche scientifique, j’ai pu échanger tout au long de la soirée avec des professionnels de mon domaine qui m’ont donné beaucoup de conseils, d’encouragements et de nouvelles pistes de réflexions qui seront plus que pertinentes pour ma thèse. Troisième conseil : voyez les périodes d’affiches comme une discussion et non une présentation. Discutez de ce que vous avez fait, répondez aux questions et accueillez les commentaires comme si vous discutiez avec un ami. La nervosité va directement s’envoler.

Présentation d’une affiche scientifique au CEW

En ce qui concerne les présentations orales, il est certain que de parler devant un public peut s’avérer moins intuitif et plus stressant qu’une présentation par affiche. La clé est vraiment la préparation. Pas nécessairement de répéter sans cesse votre oral, mais de bien connaître votre sujet pour l’expliquer avec facilité. Vous êtes l’expert de votre sujet, même si ça ne fait que quelques mois ou années que vous travaillez dessus. Quatrième conseil : montrez à l’audience que vous croyez en vous-même et en votre sujet de recherche. Et si jamais, durant la période de question, vous ne connaissez pas une réponse, c’est normal et tout à fait acceptable. On ne peut pas tout connaître avec le peu d’expérience que nous avons jusqu’à présent, et juste le fait d’être à cet endroit est déjà une grande étape pour nous.

Présentation orale au CEW

Finalement, le congrès s’est terminé avec un banquet et une soirée dansante. Lors de ces évènements, il est primordial de laisser tomber la pression accumulée par le côté scientifique de la conférence et de simplement profiter. Cinquième conseil : amusez-vous. Toutes les personnes que vous allez rencontrer deviendront vos futurs collègues, co-auteurs, amis, etc. Vous passerez la majorité de votre carrière à les côtoyer et donc forger des liens forts en se déhanchant sur la piste de danse, à prendre un verre dans un bar ou à converser durant un bon repas est essentiel. Un congrès, ça crée des souvenirs mémorables.

Pour résumer, participer à un congrès de grande envergure, ça peut faire peur, mais avec confiance et détermination, vous pouvez en créer une opportunité inestimable pour votre future carrière. 

Bonne chance à tous et à toutes !

À propos de l’auteur:

Laurianne Richard est candidate au doctorat en sciences de l’eau dans le laboratoire d’écotoxicogénomique de Prof. Valérie Langlois au Centre Eau Terre Environnement de l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS). Elle travaille sur le développement de marqueurs moléculaires pour évaluer la réponse toxique des oiseaux marins à la contamination par les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Elle étudie également les facteurs modérant l’exposition aux contaminants, tels que la migration, le niveau trophique, la zone d’alimentation ainsi que le transfert maternel. 

Avant son entrée au doctorat, Laurianne a fait sa maîtrise en biologie et son baccalauréat en biologie marine à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR). Son sujet de maîtrise portait sur le développement squelettique et la mortalité embryonnaire des tortues de mer en biologie du développement, et elle travaillait au baccalauréat sur l’ontogénie d’un poisson du Dévonien en paléontologie.

Post date: February 26, 2026

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