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Récit de voyage : une traversée des herbiers de l’Europe

Par Étienne Lacroix-Carignan, étudiant au doctorat à l’Université de Montréal

À l’été 2024 a eu lieu à Madrid le 20ème Congrès international de botanique, un événement d’envergure ne se produisant qu’à chaque 7 ans. C’était donc l’unique possibilité pour moi d’y assister durant mes études et j’ai accepté l’invitation avec joie! Ce fut aussi l’occasion rêvée d’allier l’utile à l’agréable et d’agrémenter mon séjour en sol européen avec une visite de plusieurs herbiers de renommée internationale, travail très utile pour m’aider à compléter un de mes chapitres de thèse portant sur un groupe de près de 100 espèces de Carex réparties à travers le globe et dont plusieurs espèces, particulièrement celles d’Afrique, ne comportent aucun spécimen dans les herbiers nord-américains.

Mon séjour en Europe commença donc à Paris, où je pus visiter la Ville Lumière juste avant le coup d’envoi des Jeux Olympiques 2024. Sans même faire un détour, j’ai pu assister au défilé d’athlètes portant la flamme olympique et, lors de mon premier soir, j’ai pu observer pour la première fois la tour Eiffel, illuminée de mille feux! Quelques minutes plus tard, ces mille feux se transformèrent en mille feux d’artifice, lors d’un spectacle pyrotechnique très attendu par les foules massées sur les ponts enjambant la Seine, d’où j’avais une vue imprenable sur la ville. Ce fut une expérience mémorable!

La flamme olympique

Le lendemain, me remettant tant bien que mal du décalage horaire, je fis le premier arrêt de mon parcours en commençant en grand : la visite de l’herbier du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, qui constitue la plus grosse collection de ce type au monde avec plus de 9 millions de spécimens! Une journée n’est évidemment pas suffisante pour en faire le tour, et j’avais choisi judicieusement une chambre dans un hôtel à proximité pour étaler ma visite sur 3 journées – assez pour réaliser l’essentiel de mes tâches, mais j’aurais facilement pu y passer des mois! Ensuite, pour mon second arrêt, direction Séville dans le sud de l’Espagne! L’objectif était de participer à une rencontre avec le Global Carex Group, un regroupement international de chercheurs travaillant sur la taxonomie de mon groupe de plantes favori. Je pus présenter les résultats de mon projet de thèse devant les plus grands spécialistes mondiaux et rencontrer d’autres étudiants gradués comme moi, ce qui fut vraiment stimulant!

Les jardins somptueux du Palais de l’Alcazar, à Séville
Une phylogénie du genre Carex, étalée sur une immense table, a été le clou du spectacle lors de la rencontre avec le Global Carex Group!

Ensuite, destination Madrid pour le fameux congrès international qui s’étala sur près de 2 semaines, durant lesquelles une vingtaine de conférences se déroulaient en simultané, 8 heures par jour! Il y avait plus d’un millier de botanistes présents, c’était hallucinant et électrique comme ambiance! Cette fois-ci, j’ai pu présenter les résultats préliminaires de mon premier article de thèse, décrivant une nouvelle espèce de Carex pour la science, le Carex gator! Mon article vient tout juste d’être publié en 2026: https://doi.org/10.1111/jse.70036

J’ai pu revoir lors de ce congrès de vieilles connaissances et j’ai pu manger dans un resto coréen en plein cœur du centre-ville avec des collègues chinois, espagnols, colombiens et sud-coréens! Ce fut délectable!

De belles rencontres!

Après Madrid, j’ai pu quitter les températures très chaudes de l’Espagne en plein mois de juillet (souvent autour de 45˚C) pour le climat plus clément des Pays-Bas. J’ai pu visiter Amsterdam et ses beaux canaux lors d’une rare journée ensoleillée et ainsi qu’un autre des plus gros herbiers du monde, celui de Leyden.

Un bref arrêt à Amsterdam

Ensuite, direction la Belgique pour un autre arrêt mais non le moindre, le jardin botanique de Meise près de Bruxelles. Cette fois-ci, j’ai passé 4 jours près de l’endroit, à passer à travers des spécimens non numérisés extrêmement intéressants pour mon projet de recherche.

Un spécimen de Carex, Carex songarica
Le jardin botanique de Meise en Belgique

Par la suite, j’ai pu rejoindre un ami à Lilles en France pour aller voir le Canada jouer un match de basketball contre l’Espagne durant les Jeux Olympiques,puis j’ai continué le voyage avec lui en Allemagne, en Suisse, en Italie et dans le Beaujolais dans le sud de la France! En bref, ce fut un voyage inoubliable!

À propos de l’auteur

Étienne Lacroix-Carignan est étudiant au doctorat dans le Laboratoire d’Étienne Léveillé-Bourret à l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) à l’Université de Montréal. Son projet de recherche porte sur la systématique des Carex de la sous-section Lupulinae et du clade Hirta, un groupe de plantes très diversifié, mais qui recèle encore de nouvelles espèces à décrire!

Post date: February 24, 2026

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