Par Simon Pesant, étudiant à la maîtrise à l’Université de Montréal
En juillet, j’ai eu la chance de participer à la conférence internationale de botanique Botany avec un de mes collègues à Palm Springs en Californie. Cette conférence rassemble un grand éventail de disciplines comme la taxonomie, la physiologie, l’écologie et l’ethnobotanique. Il est donc facile pour tout le monde qui aime les plantes d’y trouver son compte. Cette expérience a été enrichissante et épanouissante autant au niveau professionnel que personnel.
La conférence avait comme thème « Botany without Barriers », ce qui présente bien les difficultés auxquelles font face les botanistes de certains pays et démontre bien l’importance de l’entraide entre scientifiques à l’international dans le contexte actuel.

L’expérience a débuté avec des ateliers sur divers sujets durant lesquels on pouvait apprendre, discuter et même donner nos propres avis pour avancer des projets futurs. Moi et mon collègue avons participé à l’atelier de Flora North America qui portait sur les avenues futures de ce projet de grande envergure. FNA est un projet visant à faire une flore complète des États-Unis et du Canada afin d’aider les botanistes du continent. Plusieurs personnes ont donné des présentations sur des possibles outils ou améliorations à apporter à ce projet, comme des clés d’identification interactives simplifiant les clés par région géographique, des systèmes pour mieux garder la nomenclature des espèces à jour ou même des manières d’utiliser les descriptions d’espèces pour en extraire des traits fonctionnels. Nous avons ensuite pu donner nos propres avis sur comment améliorer l’étude de cette flore.
Les présentations que j’ai vues pendant Botany ont été très intéressantes et m’ont même données de multiples idées que je pourrais appliquer à mon propre projet de maîtrise. J’ai aussi eu la chance de rencontrer et discuter avec d’autres botanistes, comme deux étudiants à la maîtrise au Wisconsin travaillant sur des inventaires floristiques de chaînes de montagnes peu explorées botaniquement. La position de la conférence a fait en sorte que beaucoup de projets traitaient de flore des milieux arides ou alpins et trop peu de milieux humides à mon goût, mais les présentations restaient passionnantes.
Mon collègue et moi avons eu la chance de pouvoir présenter nos projets de maîtrise avec des présentations de 15 minutes durant la conférence. Mon projet porte sur l’écologie végétale de l’estuaire d’eau douce du fleuve Saint-Laurent. J’étudie la composition végétale des marais intertidaux et comment les variables environnementales affectent celle-ci. Je compare également mes données avec un inventaire fait il y a 30 ans afin de voir s’il y a des différences dans les communautés végétales dans le temps. Il est certain que présenter ses résultats devant un public international peut être assez effrayant, mais c’est malgré tout satisfaisant et les questions du public peuvent donner des suggestions et commentaires très intéressants afin d’avancer nos projets. J’ai reçu une question de quelqu’un qui semblait étudier le même écosystème que moi, mais je n’ai malheureusement pas réussi à retrouver la personne par après.

Pendant les pauses, il a été très intéressant d’explorer la ville de Palm Springs, surtout puisque c’était ma première fois dans un désert. Étant habitué aux milieux tempérés, c’était assez dépaysant de me promener dans les rues et de voir des palmiers. J’ai pu explorer les rues plus touristiques avec mon collègue, tisser des liens avec d’autres étudiants et acheter de la nourriture (assez chère). Nous avons également pu assister à un banquet de la American Society of Plant Taxonomists, où plusieurs prix ont été donnés à des botanistes d’exception!

Cette conférence à vraiment été une belle expérience pour moi. J’ai pu apprendre beaucoup de nouvelles choses en écoutant les présentations des autres, présenter mes résultats de maîtrise pour la première fois à un public international et discuter avec des collègues dans le même domaine. Sans mentionner le fait que j’ai également eu la chance d’explorer un coin de l’Amérique du Nord que je n’avais jamais vu auparavant.

À propos de l’auteur:
Simon Pesant est un étudiant à la maîtrise à l’Université de Montréal dans le laboratoire d’Étienne Léveillé-Bourret. Il étudie la floristique et l’écologie de l’estuaire d’eau douce du fleuve Saint-Laurent.
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