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Débat animé dans un village perché des Alpes Françaises, ALTER-Net summer school 2014.

par Marie Lou Lecuyer

Ce réseau, composé d’une trentaine d’institutions européennes, regroupe chaque été une trentaine d’étudiants supérieurs, venus de partout en Europe et du monde, avec des chercheurs reconnus qui parlent et débattent pendant 10 jours de la « biodiversité et services éco-systémiques ». La particularité de cette école ? C’est qu’elle se trouve perchée dans un village de maisons en pierre, complètement reconstruit dans les années 1950 et qui appartient aujourd’hui à deux associations qui y organisent des colloques. Imaginez : une vue sur une vallée magnifique, un village exclusivement rempli des participants au cours d’été, une équipe très accueillante, du vin, du fromage et du génépi, pour que tout le monde s’imprègne de la culture locale, tous les ingrédients pour un séjour riche en échanges et en nouvelles amitiés.

Vue de la salle de conférence

Pour moi, ce cours représentait une opportunité de confronter la recherche que je viens de débuter à un groupe multidisciplinaire de chercheurs et d’étudiants, d’échanger sur leurs projets respectifs et d’agrandir mon réseau au niveau européen. J’ai pu ainsi présenter un poster sur ma recherche, qui porte sur les conflits pour la biodiversité, c’est-à-dire sur les conflits qui se développent entre différents groupes d’acteurs à propos de la gestion de la biodiversité, et dans mon étude de cas, sur le conflit entre les groupes d’acteurs qui sont impliqués dans la gestion du jaguar, au Mexique. On parle donc bien d’un conflit entre les hommes et non des impacts potentiels d’une espèce sur l’homme ou de l’homme sur une espèce. Le cours se déroulant dans les Alpes, le loup était un exemple parfait : si tout le monde était d’accord pour tuer le loup, ou pour que le loup mange toutes les brebis, il n’y aurait pas de conflit, juste les impacts, le conflit existe donc car des groupes d’acteur sont en désaccord sur la façon de gérer cette espèce et il est donc bien profondément humain. Suite à cette explication, j’ai donc eu une audience faite d’écologistes, de modélistes, d’économistes, qui ont pu comprendre la base de mon sujet et découvrir comment je souhaite étudier les relations entre ces différents groupes d’acteurs ainsi que les résultats préliminaires de ma première phase de terrain.

J’ai pu aussi assister à plusieurs présentations de chercheurs européens et débat sur la notion de service écosystémique : les avantages de ce terme aujourd’hui « à la mode » mais aussi les risques et problèmes éthiques associés à celui-ci comme par exemple, donner une valeur monétaire aux écosystèmes. Cela ne relevait pas nécessairement de mon domaine mais j’ai aimé la façon dont ils ont su stimuler notre esprit critique et j’ai ainsi pu vraiment apprécier les commentaires, et les remises en question faites par les étudiants. De plus, je suis aussi particulièrement intéressée dans ma recherche à la notion d’interdisciplinarité et la place du chercheur scientifique. Plusieurs intervenants travaillant sur l’interphase entre la science et les politiques ont également pris la parole, ce qui a permis des discussions très intéressantes sur ces sujets. Nous avons eu aussi un exercice de groupe suivant les modèles de travail de la commission européenne ou nous devions créer un plan de gestion durable de la région du Verdon. Cette mise en situation entre étudiants, bien qu’elle nous ait apporté quelques frustrations, nous a aussi permis de mieux connaître les capacités et qualités de chacun et d’apprendre les uns et des autres.

Sortie de terrain dans les alpages au-dessus du village afin de rencontrer un berger.

Je dirais cependant, qu’à côté de toutes ces activités, qui faisaient partie du programme bien chargé, les moments forts ont aussi été les rencontres personnelles, à travers lesquelles j’ai pu récolter des idées pour ma future méthodologie, des conseils de lecture, etc. Puis il y a eu des discussions plus générales, sur la vie de doctorant, les futurs possibles, de la création d’une ferme collective à ceux qui souhaitent avoir une place de marque à la commission européenne. En tout cas, je suis repartie de cet endroit avec une motivation renouvelée pour ma recherche, des souvenirs magnifiques et un carnet d’adresses plein de contacts utiles pour ma recherche et carrière professionnelle, mais aussi d’amis pour parler de la vie autour d’une bière.

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Post date: October 10, 2014

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