Par Ludovic Landry-Ducharme, Étudiant au doctorat à l’Université du Québec à Rimouski
Rester immobile. La battue est lancée, j’entends les cris des autres qui se rapprochent de ma position. Mon appui sur le sol est bon; mes raquettes, bien ancrées dans la neige. Je balaie l’horizon du regard; il peut décoller à tout moment. Le filet est toujours bien en place. Mon collègue Till, pas loin de moi à l’extrémité du filet, est aussi en alerte.
Tout à coup, je le vois : un point blanc qui se détache du paysage, projetant derrière lui la lourde neige printanière, zigzaguant à toute allure à travers les arbres. Rester immobile; ce n’est pas encore le moment. Il va grosso modo dans la bonne direction, quoiqu’il commence à dévier… Aurait-il déjà conscience du filet? Attendre encore un peu. S’il poursuit sur sa lancée, il risque de longer le filet jusqu’à son extrémité et de s’en tirer. À l’opposé, si je le surprends trop tôt, il risque de faire volte-face et de partir en direction des rabatteurs.
C’est bon, il m’a dépassé. Il va trop à gauche, il faut corriger sa trajectoire.
On bouge.
YEEP YEEP YEEP!
Les cris stridents. Les amples mouvements de bras. Le clic-clac des raquettes cognant sur mes talons comme des grosses gougounes à chacune de mes foulées. Cette course désespérément lente, embourbé dans cette neige traîtresse qui se dérobe juste au moment où l’appui semble bon. Ça fonctionne. C’est la panique. Il oblique à droite, fonce vers le filet. Ça y est, il est pris. En suspens entre les mailles, un peu plus saucissonné à chacun de ses mouvements frénétiques.
HE’S IN!
Relâcher d’un lièvre marqué et équipé d’un collier GPS par mon ami Stian, étudiant à la maîtrise sous la direction de Simen Pedersen et membre du projet HareKlima.
J’y arrive. Je m’élance au sol, le saisis. Une main sur sa tête, pour couvrir ses yeux. Le maintenir immobile, le calmer. Pendant un bref instant, il n’y a plus que nos respirations fébriles du sprint et de l’adrénaline, qui se mêlent bientôt aux échos des autres qui nous rejoignent.
Cette scène, c’était mon baptême de feu de capture de lièvre au filet. Pendant huit semaines, entre février et avril 2025, j’ai intégré l’équipe du Dr Simen Pedersen, professeur associé à l’University of Inland Norway, pour contribuer au projet de recherche HareKlima portant sur l’écologie spatiale du lièvre variable (Lepus timidus) en Norvège. Un séjour diversifié alliant terrain et analyse de données, le tout permettant une immersion dans le milieu européen de la recherche ainsi qu’un échange d’expériences et de connaissances tant sur le plan théorique que technique.
En route vers une nouvelle tentative de capture au filet!
Dans un monde qui se réchauffe rapidement, particulièrement sous les latitudes les plus septentrionales, il devient essentiel de documenter comment la faune est impactée par les bouleversements de ces écosystèmes et comment elle y répond. Cela relève de l’anecdote, mais nous étions on ne peut mieux placés pour s’en rendre compte cette année, avec un hiver particulièrement doux et un printemps hâtif comme il ne s’en est jamais vu en Norvège : la neige est disparue presque un mois plus tôt que la normale!
Pour le lièvre variable, espèce habituellement cryptique, cela se traduit concrètement par une désynchronisation entre la phénologie de la mue et la fonte printanière de la neige, celle-ci survenant de plus en plus tôt et rapidement que le processus de changement de couleur du pelage. Tout cela allonge la période critique durant laquelle le lièvre est facilement détectable, ce qui l’expose à un risque de prédation accru. Un phénomène analogue se produit également à l’automne, alors que le lièvre, tout blanc, se trouve dans un paysage où la neige met de plus en plus de temps à s’installer pérennement.
Le campus de l’University of Inland Norway à Evenstad (Stor-Elvdal, Innlandet). [photo : University of Inland Norway]
Le projet HareKlima vise à mieux comprendre l’impact de ces changements rapides sur l’écologie spatiale et comportementale du lièvre variable. Le projet fait appel à différentes disciplines s’appliquant à diverses échelles d’étude du vivant, telles que l’analyse des gènes régulant la mue et le changement de couleur, la modélisation des mouvements du lièvre ainsi que de sa sélection de l’habitat à différentes échelles spatiotemporelles, de même que l’écologie comportementale, en évaluant la réponse du lièvre à des tentatives de prédation simulées par des humains et des chiens dressés. D’un point de vue plus fondamental, cette recherche permettra d’acquérir des connaissances sur l’écologie évolutive de ce petit mammifère relativement peu étudié, notamment au niveau de sa plasticité phénotypique et comportementale.
Dans le cadre de HareKlima, j’ai d’abord participé aux travaux de terrain. Ceux-ci se déclinent en trois volets : 1- recapturer les individus munis de colliers GPS l’an passé afin de procéder à un examen de leur condition physique, et si cette dernière le permet, de les rééquiper d’un collier neuf; 2- capturer de nouveaux individus, les marquer et les munir de colliers; 3- installer des caméras afin de pouvoir évaluer l’état de mue des individus marqués au cours du printemps. Entre les sessions de capture, j’ai également conduit des analyses saisonnières de la sélection de l’habitat du lièvre. Ce projet nous fournira une base de référence des préférences du lièvre lorsque son apparence est en adéquation avec son environnement, ce qui nous permettra d’évaluer dans de futurs travaux sa réponse lorsque ce n’est plus le cas durant l’entre-saison.
Entre vallées et montagnes, taïga et toundra se côtoient dans ce paysage typique de la Norvège intérieure.
Nous avons examiné la sélection de l’habitat du lièvre en lien avec des facteurs environnementaux couramment abordés chez les herbivores, tels que la couverture du paysage et le relief, mais aussi avec la présence des hytter, ces chalets rustiques que possèdent presque toutes les familles norvégiennes. Notre impression sur le terrain est que, dans le paysage forestier norvégien hautement fragmenté par les hytter et les routes qui y mènent, les lièvres semblent trouver avantage à fréquenter ces infrastructures, qui offriraient un refuge et des ressources alimentaires, du moins à certaines périodes de l’année (notamment via les mangeoires à oiseaux que les propriétaires entretiennent).
Puisque mon doctorat porte sur l’écologie spatiale et comportementale du lièvre arctique dans le désert polaire canadien, ce stage en Norvège fut une occasion privilégiée d’approfondir mes connaissances sur un modèle et des méthodes d’analyse qui me sont familiers, mais dans des contextes environnemental et théorique plutôt différents. Plus largement, mon séjour fut un formidable échange de connaissances, au cours duquel j’ai considérablement élargi mon réseau de contacts scientifiques. Les nombreuses rencontres et discussions m’ont permis de découvrir le fonctionnement du milieu académique scandinave, ainsi que les valeurs et la culture de travail d’une société aux différences parfois plus marquées que l’on s’attendrait d’un pays pourtant similaire à plusieurs égards au Québec.
Une partie de l’équipe HareKlima, contente de conclure une saison fructueuse, au moment de relâcher le lièvre équipé du dernier collier à poser pour 2025 [photo : Simen Pedersen]
Et puis, puisqu’il faut bien joindre l’utile à l’agréable, ce fut l’occasion de visiter une contrée fantastique, à la culture riche et aux paysages grandioses. Une parenthèse revigorante avant le retour au Québec… Et le départ pour l’Arctique pour le terrain trois semaines plus tard!
À propos de l’auteur
Ludovic Landry-Ducharme est étudiant au doctorat en biologie à l’Université du Québec à Rimouski, sous la direction de Dominique Berteaux (département de biologie, chimie et géographie). Son projet de thèse porte sur l’écologie spatiale et comportementale du lièvre arctique lors d’événements clés de l’histoire de vie annuelle des mammifères arctiques, comme l’élevage des jeunes chez la femelle en été, les mouvements saisonniers à grande échelle et l’hivernage. En dehors de ses études, Ludovic aime courir avec son chien Nymeria, suivre la politique et est un grand fan de desserts (surtout ceux au chocolat).
Par Baptiste Brault, Jeanne Clermont, Éliane Duchesne, Marguerite Morissette et Rachel Guindon
Mise en contexte
Les sciences, en particulier celles impliquant du travail de terrain dans des environnements éloignés ou isolés, ont longtemps été façonnées par et pour des hommes. Si la présence des femmes (plus généralement les personnes assignées femmes ainsi que celles s’identifiant comme femmes) en sciences a augmenté ces dernières décennies, la parité est encore loin d’être atteinte, notamment dans les disciplines nécessitant des expéditions sur le terrain. Cette réalité est renforcée par des structures et des normes qui n’ont que peu évolué pour s’adapter à une diversité de corps, de besoins et d’expériences.
Les femmes représentent environ un tiers des scientifiques dans le monde, et encore moins dans les domaines liés aux sciences du climat ou aux missions en milieu polaire. Dans ces environnements, elles rencontrent non seulement des défis logistiques et matériels – équipement non adapté, infrastructures sanitaires insuffisantes – mais aussi des obstacles sociaux et culturels qui affectent leur intégration et leur progression. La nécessité de s’adapter à une culture de terrain masculine plutôt que de voir cette culture évoluer pour inclure une plus grande diversité de personnes est une réalité encore très présente.
Par ailleurs, les rapports et témoignages récents mettent en lumière des dynamiques genrées qui persistent : répartition inégale des tâches reliées au fonctionnement des campements, charge mentale accrue, nécessité de prouver continuellement ses compétences et exposition à des comportements inappropriés, parfois violents. Autant de facteurs qui peuvent rendre l’expérience de terrain plus éprouvante pour les femmes et autres groupes minorisés, et qui, à terme, contribuent à leur sous-représentation dans ces domaines.
Cependant, ces enjeux ne sont pas inévitables. Une meilleure préparation, une prise de conscience collective et la mise en place de politiques adaptées peuvent permettre de repenser le terrain comme un espace réellement inclusif. C’est dans ce contexte que s’inscrit la réflexion sur les défis rencontrés et les solutions à envisager pour que chacun·e puisse travailler en toute sécurité et équité.
Le 20 février 2025, le géopôle du CSBQ Sherbrooke/Bishop et le Collectif FéminiSciences de l’Université de Sherbrooke ont organisé un panel de discussion public sur ces enjeux. Cette discussion a été dirigée par Jeanne Clermont, stagiaire postdoctorale à l’Université de Sherbrooke et co-organisatrice de l’événement. Jeanne était accompagnée de trois panélistes ayant une grande expérience du terrain : Éliane Duchesne, professionnelle de recherche à l’Université du Québec à Rimouski et au Centre d’études nordiques; Marguerite Morissette, doctorante à l’Université Laval; et Rachel Guindon, biologiste en gestion de la faune. À elles quatre, elles ont fait le tour de ces enjeux, ont partagé leur vécu et ont mis de l’avant des pistes de solutions que nous avons tenté de résumer ici.
De gauche à droite : Marguerite Morissette, Éliane Duchesne, Jeanne Clermont et Rachel Guindon. Photo : Théo Garnier.
Un terrain non adapté pour les femmes
Les expéditions sur le terrain en milieux éloignés ont été conçues dans une perspective majoritairement masculine, ce qui se reflète dans le matériel utilisé et la réalisation de certaines tâches. Pour les femmes, ainsi que pour toute personne dont la morphologie s’éloigne du gabarit masculin moyen, voire d’un physique masculin athlétique, cela peut engendrer des difficultés supplémentaires qui influencent directement leur expérience et leur efficacité sur le terrain.
Les vêtements de terrain, comme les waders, sont souvent proposés dans des tailles trop grandes, ce qui complique les déplacements et augmente les risques. Les tâches physiques, déjà exigeantes, peuvent devenir encore plus ardues lorsque l’équipement n’est pas adapté. Lorsqu’il faut porter un sac à dos mal ajusté ou utiliser des outils non conçus pour des gabarits plus petits, chaque effort demande une dépense énergétique accrue. Parfois, ces contraintes forcent les personnes concernées à acheter elles-mêmes du matériel plus approprié, engendrant un coût supplémentaire non négligeable.
Ces difficultés ne touchent pas uniquement les femmes, mais aussi toute personne dont la morphologie diffère des standards historiques du travail de terrain. Pourtant, ces enjeux pourraient être évités avec une meilleure anticipation. Il suffirait d’intégrer, dès la préparation, une plus grande diversité de tailles et d’équipements adaptés aux besoins de chacun·e. La responsabilité incombe à celles et ceux qui organisent les expéditions : assurer un accès équitable au matériel, c’est aussi garantir la sécurité et l’efficacité du travail sur le terrain.
De même, certaines tâches demandent une force ou une stature qui ne correspondent pas à toutes les morphologies. Traverser une rivière à gué, par exemple, est une manœuvre qui peut déjà être risquée en soi, mais elle devient encore plus périlleuse pour les personnes de plus petite taille, forcées de franchir des courants plus profonds. Pourtant, dans certains cas, une meilleure organisation pourrait permettre d’éviter ce type de difficulté et ces dangers, comme en choisissant un point de passage plus adapté pour tout le groupe, même si cela implique un détour de quelques minutes.
L’hygiène féminine et tout particulièrement les menstruations, sont souvent des sujets ignorés dans la préparation des missions. En effet, les terrains sont rarement aménagés pour répondre aux besoins spécifiques des personnes menstruées, et ces questions sont souvent taboues, voire carrément évitées dans les réunions préparatoires. Ce manque de prise en compte devient particulièrement problématique quand, sur le terrain, les personnes menstruées font face à des conditions d’hygiène loin d’être idéales qui ne permettent pas à ces dernières de répondre adéquatement à leurs besoins en la matière.
En l’absence de discussions sur ces sujets avant le départ, les préoccupations liées à l’intimité et aux besoins hygiéniques sont laissées de côté, ce qui peut rendre la gestion des menstruations difficile, surtout en milieu naturel. Par exemple, des étudiantes ayant eu des expériences de terrain en milieu polaire ont dû s’interroger sur la gestion de leurs déchets hygiéniques et sur le risque que cela pourrait représenter en territoire occupé par les ours polaires. Or, ces inquiétudes auraient facilement pu être balayées en abordant le sujet en amont, leur évitant la gêne d’avoir à l’aborder elles-mêmes.
Pour remédier à cela, il est donc essentiel que les responsables de terrain abordent ces problématiques en amont, brisant ainsi le tabou, et qu’ils fassent les ajustements nécessaires, que ce soit en matière de matériel ou de conditions de travail. Des solutions simples, comme inclure des serviettes hygiéniques dans les kits de secours, pourraient contribuer à améliorer la situation et à assurer le bien-être de tous·tes.
Dynamiques de terrain genrées
Dans les équipes de terrain, des dynamiques de genre peuvent parfois influencer la répartition des tâches et la perception des rôles, généralement au détriment des femmes. En effet, celles-ci se retrouvent fréquemment à assumer des tâches comme la préparation des repas, une responsabilité qu’elles endossent presque systématiquement. Même si les hommes viennent souvent aider, ils sont plus rarement à l’origine de ces initiatives et prennent rarement la charge mentale de les planifier. Cette répartition des tâches, bien que parfois involontaire, est le reflet d’une culture de terrain masculine, dans laquelle les femmes doivent s’adapter plutôt que, collectivement, on cherche à changer les choses. Ces dynamiques deviennent particulièrement marquées dans les grands groupes, où la charge mentale liée à l’organisation des tâches pèse lourdement sur celles qui, souvent, doivent assurer le bon déroulement des repas, la gestion du camp et le bien-être des autres.
L’idée qu’une femme sur le terrain n’ait pas droit à l’erreur est un autre aspect de cette pression genrée. Les occasions de participer à des tâches importantes sont rares, et lorsque ces opportunités se présentent, elles sont accompagnées d’une pression considérable, car l’échec pourrait signifier ne jamais avoir de nouvelle chance. Les femmes sont souvent confrontées à une double contrainte : d’une part, elles doivent prouver leur compétence, d’autre part, elles doivent éviter de demander de l’aide, sous peine d’être perçues comme incapables. Cette situation peut s’aggraver par une dynamique de travail toxique qui s’instaure entre les membres de l’équipe, où la démonstration de force physique et de robustesse prime, excluant parfois la coopération bénéfique à tous·tes. Ceci y compris lorsqu’une tâche physique pourrait être réalisée à plusieurs et ainsi de façon plus sécuritaire et plus conviviale.
Par ailleurs, certaines tâches jugées plus difficiles, plus physiques ou plus essentielles, sont attribuées de manière presque systématique aux hommes, tandis que les femmes se retrouvent confinées à des tâches répétitives, comme le tri des petits organismes ou, encore une fois, la cuisine. Cette iniquité dans la répartition des responsabilités crée un sentiment de frustration et d’épuisement chez celles qui doivent jongler entre leurs tâches scientifiques et les responsabilités liées à la gestion du camp. Une solution est de mettre en place un système de rotation des tâches, où chaque membre choisit un certain nombre de responsabilités par jour, ce qui permet de redistribuer la charge mentale et de rendre le travail plus égalitaire.
Les dynamiques de genre affectent aussi la gestion des conflits et la manière dont les émotions sont perçues dans l’équipe. Les femmes, en particulier celles en position de leadership, ressentent souvent le besoin de cacher leurs émotions pour ne pas perturber l’harmonie du groupe, bien que cela ne soit pas nécessairement synonyme de mauvaise gestion. Au contraire, un leadership plus sensible, où les émotions sont reconnues et exprimées, pourrait offrir un cadre plus sain et plus ouvert, permettant à chacun·e de partager ses limites et ses ressentis.
Lorsqu’il s’agit de gérer des équipes sur le terrain, il est également essentiel de mettre en place des mesures préventives afin d’éviter que des dynamiques négatives, telles que des comportements violents ou inappropriés, ne se développent. Dans des contextes éloignés, où l’isolement peut exacerber certains comportements, il est crucial de définir des protocoles clairs pour protéger les membres de l’équipe. Une solution envisagée est l’instauration d’un code de conduite à faire signer par tous·tes les partenaires, y compris les prestataires externes ou les autres organismes qui partagent les campements, pour garantir que chacun·e soit conscient·e des attentes et des comportements attendus.
L’université ou l’organisation qui supervise les travaux doit également adopter une position ferme sur la question, montrant clairement qu’aucun comportement inacceptable ne sera toléré. De plus, il est important de fournir des ressources accessibles pendant toute la durée du terrain, pour que les personnes sachent vers qui se tourner en cas de problème. Cela inclut la désignation de personnes de confiance à contacter si un membre de l’équipe est victime ou témoin de comportements inappropriés. En somme, il est de la responsabilité des superviseur·ses de s’assurer que tous·tes les membres de l’équipe soient informé·es de ce qui est inacceptable et des moyens à leur disposition pour signaler de tels incidents.
Conclusion
En gardant certains sujets tabous, on met de côté la santé et la sécurité des membres du groupe, en particulier des femmes. Cela peut se traduire, au minimum, par des frustrations ou de mauvaises expériences de terrain, et, dans les pires cas, par des expériences coûteuses entraînant des répercussions sur la santé et l’épanouissement personnel et professionnel des individus. Ces problèmes peuvent souvent être évités par une bonne préparation en amont. Prévoir des tâches de travail et un matériel adapté assure une meilleure efficacité et une plus grande sécurité, évite des frais personnels pour les travailleur·euse·s, et contribue à limiter les accidents et blessures. Aborder les questions d’hygiène et de menstruations, par exemple, permet de garantir que le terrain se déroule sans que la santé de tous·tes les participant·e·s ne soit mise de côté, et sans que cela devienne une source d’inquiétude. Prévenir une répartition des tâches stéréotypée (volontaire ou non) et les comportements sexistes ou déplacés en les évoquant et en fixant les limites dès le départ constitue également une étape cruciale pour garantir un environnement de travail plus égalitaire et plus serein. Ces actions contribuent à améliorer l’expérience du travail de terrain, en le rendant plus sûr et plus inclusif pour toutes et tous.
Remerciements
J’aimerais remercier Jeanne Clermont ainsi que le Collectif FéminiSciences de l’Université de Sherbrooke, notamment Juliette Barbeau et Claudie-Anne Langlois, pour leur contribution à la création de cet événement. Je suis également très reconnaissant à Éliane Duchesne, Marguerite Morissette et Rachel Guindon pour avoir partagé avec nous leur vécu, leurs réflexions personnelles et leur engagement à rendre le milieu de la recherche scientifique plus accueillant et inspirant.
À propos des auteur·es
Baptiste Brault
Baptiste est actuellement candidat au doctorat à l’Université de Sherbrooke, dans le laboratoire de la Pre Fanie Pelletier. Son projet de thèse s’intéresse aux effets des perturbations humaines et climatiques sur le comportement d’hivernation et le succès reproducteur des ours bruns. Il est également représentant local du CSBQ pour le géopôle Sherbrooke/Bishop.
Jeanne Clermont
Jeanne est actuellement stagiaire postdoctorale à l’Université de Sherbrooke, dans le laboratoire de la Pre Fanie Pelletier. Ses recherches en écologie animale évaluent les effets de la prédation sur la dynamique des populations de proies.
Éliane Duchesne
Éliane est professionnelle de recherche au sein de la Chaire de recherche en biodiversité nordique à l’UQAR et au Centre d’études nordiques. Elle étudie les oiseaux migrateurs qui nichent dans la toundra et les espèces avec lesquelles ceux-ci interagissent.
Marguerite Morissette
Marguerite est actuellement étudiante au doctorat en biologie sous la direction du Pr Jean-Pierre Tremblay à l’Université Laval. Elle étudie l’impact de l’interaction entre les conditions hivernales et le broutement de l’orignal sur la succession forestière.
Rachel Guindon
Rachel s’est plongée dans l’étude de l’introduction du bœuf musqué au Nunavik et de son impact sur la végétation dans le cadre de sa maîtrise à l’Université Laval. Elle met aujourd’hui son expertise au service des communautés nordiques en tant que biologiste en gestion de la faune.
By Laura Carolina Camelo Valera, PhD candidate at McGill University
Back in November, I had the incredible opportunity to attend the International Society for Computational Biology 2024 conference in Medellín, Colombia, where I presented the latest findings from my PhD research on Linking Gut Viral Populations to Bacterial Colonization and Malnutrition. This experience was both intellectually stimulating and deeply rewarding, offering a chance to engage with researchers from around the world (with a focus on representation from Latin countries) while exploring new perspectives on microbiome science and public health.
Presenting My Research
My presentation focused on the intricate relationships between gut viral communities and bacterial colonization, particularly in the context of malnutrition. The gut microbiome plays a crucial role in human health, and understanding the viral component can provide new insights into microbial ecology, disease susceptibility, and potential therapeutic interventions.
I was thrilled by the level of engagement from fellow researchers. Many were intrigued by the implications of my findings. Discussions following my presentation led to thought-provoking conversations on methodologies and data interpretation reinforcing the importance of connecting with other scientists.
Photo taken by a colleague in the conference
The Experience of Medellín
Outside the conference, Medellín was an unforgettable experience. As a Colombian I couldn’t value more how significant it was for me to present my research in my own country! Medellín, known as “La ciudad de la eterna primavera” or “The City of Eternal Spring” for its fantastic climate all year long, was a vibrant backdrop for academic exchange and a nice escape from Montreal winter 😀 which warmed my heart. I also ate lots of fruits and food that I missed from my home country, like the lulo shown in the picture which I have not been able to find in Montreal.
I am grateful for the opportunity QCBS gave me through the Excellence Awards to be able to attend this conference and to have shared my work on an international stage. I look forward to future collaborations that will continue to advance our understanding of gut microbiomes and their impact on infant health.
About the author: Laura Carolina Camelo Valera is a 4th year PhD candidate specializing in gut microbiome science, with a focus on the role of gut viral populations in bacterial colonization and malnutrition in infant populations. Her work combines bioinformatics, genomics, and microbiology to explore the intricate relationships between viruses and gut health. She is also passionate about research accessibility and fostering inclusive scientific communities, particularly through her involvement in initiatives that support international women in advanced research computing like the project she is leading: iWOMEN in ARC (https://github.com/lcamelo10/iWOMEN-in-ARC).
By Miguel Felismino, PhD candidate at McGill University
In the fall of 2023, a Quebec-based non-governmental organization, Organisation Bleue, reached out to us to participate in an expedition that would take us along the Saguenay River, through the Beluga-rich fjord, and into the St. Lawrence River. This expedition, dubbed Expedition Bleue, would take us through this culturally and ecologically important body of water to study, raise awareness towards, and fight against plastic pollution. Of course we agreed.
During the 18-day expedition, I sampled the surface waters, sediments and macroinvertebrates at 11 sites along the river system. With the help of professional divers and the rest of the crew, I was able to bring back 300+ samples to analyse the levels of microplastic pollution in the system. This will be the basis for the 4th chapter of my PhD thesis. And while I can harp on about the importance of this work and the knowledge gaps that we can fill with my research, I thought I’d instead focus on the values I learned from the people I worked with and the unique perspectives I gained by spending 18 wonder-filled days with them.
Aboard our formidable vessel, the Vanamo, was a mixed bag of people from various areas of expertise including aquatic and marine sciences but also music production, videography, and creative writing. As we sailed through the fjord and looked in the distance, it dawned on me that while I may not have the same upbringing and connection to these waters as the rest of the crew, we all shared an equal responsibility to protect it and get others to care about it. Given our diverse backgrounds, our approach to tackling that responsibility varied from person to person. While I collected scientific data, the creative writers chose to write poetry and create postcards and the production crew worked on creating digestible media for the public. What surprised me the most is the willingness of each member to help out others who are doing vastly different work and how we ended up incorporating ideas from other disciplines to strengthen our own works.
By human nature, the groups we form amongst ourselves are often driven by things we share. Shared interests, shared values, shared experiences, shared expertise. Natural scientists, which most of the readers of this blogpost likely are, are not an exception – I know I’m certainly not. We often find ourselves in a nest of comfortability, surrounded by people who think like us, talk like us and look like us. While this makes for good breeding grounds for scientific collaboration, it does sometimes cause us to neglect the advantages of diversity – both of people and ideas. This summer, I was fortunate to be given the opportunity to step outside the norm and work with people outside my usual nest. I owe thanks to QCBS for the support which allowed me to explore this opportunity and I hope I am fortunate enough to do more things like this in the future.
About the author: Miguel is a doctoral candidate at McGill University studying the impacts of plastic pollution in aquatic ecosystems under the co-supervision of Irene Gregory-Eaves (Biology) and Nathalie Tufenkji (Chemical Engineering). He specifically focuses on quantifying micro- and nanoplastics in the environment and determining their effects on low-trophic-level organisms such as algae and zooplankton. He is also the president of the Quebec Subunit of the American Fisheries Society.
By Michael Shamash, PhD student at McGill University
The tropical city of Cairns, nestled in the far north of Queensland, Australia, was host to the Viruses of Microbes 2024 conference. From July 15 to 19, the event brought together over 500 leading researchers, students, and industry professionals in the field, with a large focus on bacteriophages. The meeting featured a wide array of talks, poster sessions, and networking opportunities, all while offering attendees the opportunity to explore the beauty of the nearby Great Barrier Reef and Daintree Rainforest.
Phages, short for bacteriophages, are viruses that specifically infect bacteria. As natural predators of bacteria, they play a crucial role in ecological balance and have significant implications for various fields, including medicine, agriculture, and biotechnology. Presentations included topics spanning molecular biology, bioinformatics, synthetic biology, and applied phage therapy. I also presented the latest results from my PhD work as a poster presentation.
Beyond the science, the conference offered ample networking opportunities, including a gala dinner at the Rainforestation Nature Park, in the Kuranda Rainforest. As an early-career scientist, attending this conference was a transformative experience. In addition to gaining cutting-edge scientific knowledge, I also left Cairns with new professional relationships that could lead to future collaborations. It was a privilege to be supported by the QCBS Excellence travel award which made it possible for me to attend this meeting.
Looking back, the Viruses of Microbes 2024 meeting exceeded all expectations. I leave Cairns not only with new ideas and insights but also with a sense of excitement for the future of phage research.
The Cairns Wharf at sunriseAttendees of the Viruses of Microbes 2024 conferencePost-conference explorations at the Great Barrier Reef!
About the author: Michael Shamash is a PhD student in the lab of Dr. Corinne Maurice, in the Department of Microbiology & Immunology at McGill University. His research focuses on the development of the infant gut microbiota, where he is exploring the potential of applying fecal virome transplants to alter microbial succession during early life.
By Alexis Heckley, PhD candidate at McGill University
In February 2020, I travelled to Trinidad to collect data for my research on how the abiotic environment is associated with Trinidadian guppy (Poecilia reticulata) behavioural variation. I expected to leave Trinidad with some interesting data – which I did – but, to my surprise, I also left with a dog!
During my first week in Trinidad, my colleagues and I found a dog on the side of the road. He was clearly in rough shape, and we weren’t sure that he would survive if we drove away. We decided among the three of us that we would bring him to a vet, so we put him in the car. Unfortunately, we were hours away from the nearest vet and, by the time we got to a city, all of the veterinary clinics were closed. With no other reasonable options, we brought the dog back to the field station. What was supposed to be a brief overnight stay turned into a week before we were able to see a vet. I didn’t realize immediately that I would be bringing this dog back to Canada, but after the first week or so I knew I wouldn’t be able to re-home him and he was sticking around for good.
We were in Trinidad for another month before we returned to Canada. During that time, we brought the dog to the field with us every day, carrying him in fish-holding buckets to traverse deep sections of the rivers. While catching guppies in the field, and while doing behavioural assays in the lab, we’d mostly leave him unsupervised – he never had a leash on when we were outside, and we’d leave all doors to the outside wide open at the field station. Fortunately, he knew how good he had it with us and he never strayed far.
Day 1. (A) Minutes after we found the dog and put him in the car. (B) Looking for ticks; on the first night, we found over 100 ticks.On the plane to Canada from Trinidad!
We named him Mr. Flea – the “Flea” honoured his street dog roots, and the “Mr.” gave him a bit of dignity. Bringing Mr. Flea home was an ordeal because it coincided with the start of the COVID-19 pandemic (it’s hard to get export permits when all government offices are shut down!). Fortunately, owing to the generosity of several kind people from Trinidad who went out of their way to help us, everything worked out.
Adventuring in Canada – hiking with his cousin, Rex.In 2023, Mr. Flea came to Alaska to help with my fieldwork. A+ field assistant.
So, not only did I leave Trinidad with a lot of interesting data, but I also came home with a dog who has turned out to be the best adventure companion.
About the author: At the time of writing, Alexis Heckley was a PhD candidate in Andrew Hendry’s lab at McGill University. She is now an NSERC postdoctoral fellow at the University of Oklahoma. Her research interests include disease ecology, behavioural ecology, and evolution, and she studies fish and bats.