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À la recherche des oiseaux à Campo

À la recherche des oiseaux à Campo

Par Jérémie Moreau, étudiant à la maîtrise à l’Université Concordia

L’été dernier, j’ai effectué ma récolte de données sur le terrain pour mon projet de maîtrise. Puisque je mène un projet de recherche en écologie animale des milieux tropicaux, j’ai eu la chance de me rendre au Parc national de Campo-Ma’an, un milieu éloigné qui se situe au sud-ouest du Cameroun. Avant mon départ, j’avais hâte de vivre cette expérience enrichissante tant sur le plan académique que personnel, mais j’étais aussi excité à l’idée de pratiquer l’un de mes passe-temps favoris : l’ornithologie.

Malgré des connaissances limitées en identification d’oiseaux, j’accorde un grand intérêt au monde fascinant de l’ornithologie. Cela me permet de me détendre en forêt tout en appréciant la nature qui m’entoure. J’adore aussi prendre des photos des oiseaux, ce qui facilite l’identification ultérieure de ces animaux. En sachant que j’allais parfois avoir du temps libre entre mes collectes de données, j’étais prêt à observer une grande diversité d’espèces exotiques et colorées, le genre d’oiseaux qu’on ne retrouverait pas au Québec.  Je voulais ajouter le plus d’espèces possible à ma liste sur eBird, une application très utile pour le recensement des observations ornithologiques et la science citoyenne.

Dès mon arrivée en terre africaine, je gardais l’œil ouvert à cette faune aviaire, bien qu’au début je me retrouvais surtout en zones urbaines. Une fois rendu à Campo, mon domicile pour trois mois non loin de l’entrée du parc national, je notais tout ce que je voyais et je prenais des photos dès que je pouvais.

Bulbuls des raphias
Calao longibande

Cette recherche ornithologique n’était toutefois pas sans peine, car à mon arrivée, la courte saison pluvieuse battait son plein et les oiseaux étaient plus rares. Quelques jours seulement après m’être installé à Campo, j’ai dû me rendre en forêt, avec fébrilité, pour commencer ma récolte de données. Mon projet de maîtrise consiste à déterminer de quelle manière certaines données végétales et environnementales influencent la biodiversité des primates en milieu tropical. Lors des longues journées de marche pour se rendre aux sites d’échantillonnage, j’en profitais pour regarder la nature qui m’entoure. Des bruits et des chants d’animaux de toutes sortes étaient entendus à longueur de journée, mais il était difficile de distinguer les espèces autour de moi. La végétation dans cette forêt tropicale ainsi que la canopée étaient très denses, ce qui a limité de beaucoup mes observations. Je ne pouvais pas non plus apporter mes jumelles ou mon appareil photo, car je devais transporter le moins de matériel possible (nos sacs étaient déjà très lourds…) et je ne voulais pas risquer de les briser avec toute l’humidité présente dans ce climat. J’essayais aussi de demander aux guides qui m’accompagnaient s’ils reconnaissaient certains oiseaux. Ils connaissaient souvent le nom dans leur dialecte natal et non en français, ou ils identifiaient le chant de certains oiseaux mais que, après vérification, l’oiseau ne se trouvait pas dans la région où nous étions. Je me souviens du cas du rossignol, alors que certains étaient convaincus d’entendre cette espèce, mais même dans sa répartition de non nicheur, le rossignol ne se trouve pas autant au sud du Cameroun. Donc au final, l’ornithologie récréative que j’espérais était un peu plus difficile que je me l’imaginais. 

Un autre défi était les limitations des applications d’identification d’oiseaux, comme Merlin. Cet outil, développé par le Cornell Lab, est très pratique en Amérique du Nord, mais en milieu éloigné comme à Campo, il n’est pas aussi performant. Par exemple, lorsque je voulais utiliser la fonction d’identification sonore, j’avais très rarement un résultat et l’application me rappelait qu’elle reconnaissait seulement 7% des espèces d’oiseaux du Cameroun, et ce malgré toute la biodiversité de cette région. La raison est que peu de données sont récoltées dans cette région, que ce soit par des chercheurs ou par la science citoyenne, ce qui ne permet pas à la banque de données de se bonifier. Avec mes connaissances limitées, il m’était donc impossible d’identifier les oiseaux seulement par leurs chants. Il m’était aussi difficile de les identifier visuellement, car même avec des guides d’identification, plusieurs espèces ont des apparences très similaires. La plupart du temps, les individus étaient trop loin ou ils avaient le temps de s’envoler avant que je puisse confirmer mes observations.

Malgré tout, j’ai adoré pouvoir observer de nouvelles espèces dont je ne connaissais même pas l’existence! Souvent, le meilleur endroit pour voir les oiseaux était dans ma cour arrière. Ils venaient se percher sur la corde à linge et je pouvais admirer leurs couleurs et étudier leur comportement. Je voyais aussi quelques autres espèces lorsque je me promenais sur la plage qui donne sur l’Océan Atlantique, à seulement une quinzaine de minutes de marche. Au total, j’ai pu identifier avec certitude 22 espèces d’oiseaux, dont des hirondelles, des souimanga, des bulbuls et des calaos, en plus de voir d’autres rapaces et une espèce de Strigidés. Mes coups de cœur ont surtout été le martin-pêcheur pygmée et le martin-chasseur du Sénégal. Une autre rencontre qui m’a agréablement surprise a été celle avec le rolle à gorge bleue, qui est membre de la même famille qu’un de mes oiseaux préférés, le rollier à longs brins. C’était par hasard, dans un endroit plus dégagé de la forêt tropicale, que le rolle était perché et que j’ai pu confirmer le nom de l’espèce grâce à ses traits distinctifs.

Bref, ce voyage outre-mer a été mémorable pour toutes sortes de raisons. Il m’a permis de confirmer ma passion pour l’ornithologie, ainsi que de me donner encore plus l’envie de retourner en nature pour ajouter d’autres espèces d’oiseaux à ma liste à vie!

Martin-pêcheur pygmée
Martin-chasseur du Sénégal
Capucin nonnette

À propos de l’auteur :

Jérémie est un étudiant à la maîtrise en biologie à l’Université Concordia à Montréal. Faisant partie du laboratoire de Dr. Robert Weladji, il mène un projet en écologie animale des milieux tropicaux. Son travail au Parc national de Campo-Ma’an pendant l’été 2025 consistait principalement à poser des pièges photographiques et à échantillonner la végétation dans de nombreux sites, ce qui lui permettra de faire des liens entre les composantes de l’habitat et la biodiversité des primates (gorilles, chimpanzés, mandrills, cercocèbes, etc.) dans le sud-ouest du Cameroun.

Go to the Conference

Go to the Conference

By Brogan Stewart, PhD Candidate at Concordia University

I attended my first academic conference many years ago, and I was fortunate that it happened to be an international meeting in Quito, Ecuador. At the time, I was studying primate behaviour and the ways it varies with physical condition and environmental context, so a primatology conference felt like a natural fit. I went in with very limited expectations and assumed it might be rather dry, resembling a week of back-to-back lectures. Instead, I discovered an engaging environment that far exceeded anything I had imagined. That experience reshaped my view of academic gatherings, and I now see conferences as an essential and deeply rewarding part of my development as a graduate researcher.

Academic conferences offer the opportunity to engage deeply with research topics that align closely with one’s interests, both in detailed presentations and in broader thematic discussions. In my case, I have always been fascinated by animal behaviour and the remarkable diversity of ways in which different species navigate their environments. Attending a primatology conference allows me to select from a wide range of talks, often making it difficult to choose because so many align with my interests. At the most recent conference I attended, for example, my supervisor presented her work on placentophagy in Japanese macaques, exploring if and why individuals consume their placentas. These are the kinds of intriguing questions that rarely surface in everyday conversations but are central to the scientific dialogue at these meetings.

Keynote presentations are often particularly memorable. They provide a synthesis of a researcher’s career, framed through the evolution of their scientific contributions, and they frequently offer insights that stay with you long after the conference ends. One I heard this year, for example, examined the extraordinary visual system of mantis shrimp, which are capable of perceiving wavelengths in both the ultraviolet and infrared ranges.

In addition to formal presentations, conferences provide valuable opportunities for informal discussions over coffee or meals. These conversations often reveal the practical and personal dimensions of fieldwork and research, ranging from methodological challenges to unexpected experiences, such as narrowly avoiding encounters with African elephants. Such exchanges enrich the scientific content of the conference and strengthen the sense of community within the field.

Attending a range of academic presentations directly strengthens my own research. Many talks touch on themes, methods, or questions that parallel aspects of my work, often introducing new approaches or perspectives I can consider. I always bring a notebook to conferences and use it to record ideas, methodological insights, and reflections on how what I am hearing might inform my analyses. Engaging with research in a live setting, rather than solely through published articles, offers a unique form of learning. It provides the opportunity to absorb a large volume of current work in a short period of time, something that would be impossible through reading alone, and it allows for immediate discussion with the authors. Being able to ask questions, clarify details, or explore broader implications in real time makes these interactions especially valuable.

Another clear benefit of academic conferences, particularly national and international ones, is the opportunity to travel to places one might not otherwise visit. I often take time before or after a conference, or in the evenings once sessions conclude, to explore the surrounding area. For example, when I attended a conference in Borneo, I was able to join wildlife excursions and even observe orangutans in their habitat. These experiences not only enrich the trip but also broaden my perspective as a researcher. Through academic conferences, I have had the chance to visit new locations, encounter different cultures, and expand my understanding of the world, an added benefit that complements the scientific value of the meetings themselves.

One of the most rewarding aspects of conferences is the opportunity to connect with colleagues from across the field. After attending multiple national and international meetings, as well as completing several international internships in primatology, I now have a network of colleagues whom I genuinely consider friends. It is always a pleasure to reconnect, hear updates about ongoing fieldwork, and spend time with people who share similar research interests. These interactions also create space for new collaborations and professional opportunities. At the most recent conference I attended in Chicago, for example, I discussed a potential postdoctoral project with a professor from another Canadian institution. That conversation ultimately led to her willingness to supervise the proposed work, an opportunity that may not have emerged as naturally without being in the same place and engaging in person.

Another aspect of conferences that I did not anticipate at my first one is the experience of meeting the researchers whose work I cite regularly. There is something uniquely meaningful about realizing that the “Smith et al.” in your reference list is now standing beside you at the snack table. It adds a human dimension to scholarship and fosters a sense of community within the discipline. I have also had the privilege of seeing my own work cited in others’ presentations, which has been both encouraging and affirming. These moments underscore the collaborative nature of academic research and highlight the value of participating in these collective spaces. 

In conclusion, conferences consistently leave me feeling reenergized and motivated. I return home with renewed momentum and a fresh perspective on my research. In fact, at the conference in Chicago, I found myself reconsidering my own career plans. I had not been intending to pursue a postdoctoral position, but being surrounded by such inspiring research and engaging discussions gave me a renewed sense of purpose. The experience reminded me of how deeply I value the field of primatology, and it ultimately encouraged me to propose a postdoctoral project I had been considering so I could continue contributing to this work.

Last weekend, I met someone who works in primatology but has never attended a conference. I genuinely felt that she had missed an important aspect of the graduate experience, one that provides community, professional growth, and intellectual inspiration. If you are considering attending a conference but feel uncertain, I strongly encourage you to go. It may offer exactly the perspective or motivation you did not know you needed.

About the author:

Brogan Stewart is a PhD Candidate in Environmental Science at Concordia University in Montreal and one of Concordia’s 2023-2024 Public Scholars. Dr. Sarah E. Turner is her supervisor. Her research focuses on Japanese macaque behaviour and whether it can be quantified to predict if an animal is experiencing mild or chronic stress. Her research will contribute to a better understanding of physical impairment, stress, and the influence of environmental variation for animals, information that is vital in this time of rapid human-induced environmental change.

À la rencontre des plantes alpines dans une mer de nuages!

À la rencontre des plantes alpines dans une mer de nuages!

Texte de Étienne Lacroix-Carignan, étudiant au doctorat à l’Université de Montréal ; au nom de 39 participants

Grâce au soutien du Centre québécois pour la science de la biodiversité (QCBS) dans le cadre de la subvention BioBlitz Champion, nous avons pu vivre une expérience formidable et partir à l’assaut de sommets subalpins éloignés dans la région de Charlevoix au Québec, du 27 au 30 juin 2025. Le camp de base de ce bioblitz, réalisé de façon conjointe avec l’organisme sans but lucratif Flora Quebeca, était à l’Auberge des Balcons, située à Baie-Saint-Paul. C’est d’ailleurs à cet endroit où, le vendredi soir, tous les participants se sont réunis autour des tables à pique-nique derrière le chaleureux Bistro des Balcons pour écouter les organisateurs et des représentants des organismes dévoiler le plan détaillé de la fin de semaine et discuter de l’importance de ces inventaires floristiques pour l’évaluation de la diversité de ces territoires sous-explorés. Au menu : deux blocs d’activités botaniques en parallèle à chaque jour et proposant une variété de milieux à explorer.  

Le samedi, le premier groupe de botanistes téméraires s’est aventuré, malgré la pluie annoncée, à la longue randonnée de 14.6 km et de 650 m de dénivelé positif menant au sommet subalpin du mont Élie, dans la Zone d’exploitation contrôlée (ZEC) de Lac aux Sables près d’une section peu accessible du parc national des Hautes-Gorges de la Rivière Malbaie. La randonnée, qui s’est déroulée presque sans pluie mais à l’intérieur de nuages denses, ne nous aura pas permis d’admirer les paysages splendides tant promis, mais les plantes subalpines, elles, étaient au rendez-vous! Au fur et à mesure de la montée, différentes espèces très caractéristiques des milieux montagnards ont commencé à faire leur apparition : Vaccinium ovalifolium, Carex bigelowii, Diphasiastrum sitchense, Trichophorum alpinum et Oreojuncus trifidus.

L’ascension du mont Élie, bien illustrée par les 849 observations qui y ont été faites!
Iris du Vivier en train d’observer Carex oligosperma dans son habitat

Des secteurs tourbeux juste avant la montée finale vers le sommet du mont Élie ont laissé apparaître des touffes rousses fort charismatiques de l’Eriophorum russeolum (s. strict), une espèce rarement observée à des latitudes aussi basses.  Un spécimen a été récolté pour documenter la station et, durant le processus, Étienne Léveillé-Bourret s’est filmé en train de sécher à l’aide d’un sèche-cheveux ces inflorescences rousses rappelant un certain personnage burlesque américain. Vidéo truculente, pour ceux qui auront eu le plaisir de la visionner un jour. Une fois arrivée au sommet, des espèces proprement alpines ont commencé à apparaître, et les petits krummholz de sapin cèdent leur place au Salix uva-ursi, magnifique en cette saison avec ses inflorescences en chatons rouge-orangées. Spinulum canadense, similaire au plus commun Spinulum annotinum mais au port beaucoup plus compact et aux feuilles dressées, a aussi attiré l’attention de plusieurs. Les lichens et les bryophytes alpins qui se trouvaient dans ce secteur dénudé et battu par les vents ont également fait le bonheur de certains membres plus férus. Ophioparma ventosa, un lichen crustacé fixé solidement au roc du sommet et avec des organes sexuels rouge sang était magnifique, et de minuscules hépatiques, un groupe bien particulier de bryophytes, ont été récoltés à la hâte par Étienne Lacroix-Carignan juste avant que la cloche annonçant la fin de la récréation soit sonnée et que le groupe entame le long chemin du retour et une difficile descente. Ce n’est que de retour au laboratoire que des cris de joie ont pu être lancés, à l’identification de Sphenobolus saxicola et de Tetralophozia setiformis. Pour cette dernière espèce nordique, large de 1 mm mais très reconnaissable, sa découverte au mont Élie vient étendre vers le sud sa distribution connue au Québec de près de 100 km! Au total, ce sont 849 observations de 196 espèces, dont 132 espèces de plantes vasculaires, qui auront été observées lors de cette randonnée!

Ophioparma ventosa, un lichen typiquement alpin trouvé au sommet du mont Élie

Le deuxième groupe, quant à lui, s’est dirigé vers l’île aux Coudres, pour explorer les rivages maritimes. Plusieurs espèces caractéristiques ont été observées : Lysimachia maritima, Salicornia, Atriplex prostrata, Carex hormathodes, etc. Cependant, le clou de la journée a été l’exploration d’une prairie maritime basse à l’extrémité Ouest de l’île, où Marc-Aurèle Vallée a pu dénicher une quantité impressionnante de botryches, de petites fougères passant facilement inaperçues parmi les hautes herbes. Botrychium simplex, Botrychium tenebrosum et B. matricariifolium ont fait le bonheur des botanistes présents, le compagnonnage de ces espèces dans de telles densités était assez inédit!

Plusieurs bryologues se sont dirigés vers le secteur nord de la Forêt Marine située à Saint-Joseph-de-la-Rive, où ils ont pu observer sur des escarpements suintants des espèces assez rares au Québec, dont le Diplophyllum apiculatum, et Isopaches bicrenatus.

Après un souper commun au Bistro des Balcons dans une ambiance festive, la majorité s’est déplacée dans le local généreusement prêté par un organisme situé dans le même édifice. Les bryologues ont pu installer leurs microscopes et commencer à identifier leurs récoltes, alors que d’autres botanistes ont sorti leurs presses à herbier. Les deux groupes ont ensuite échangé leurs découvertes de la journée. 

Le lendemain, dimanche, deux groupes se sont de nouveau formés : un premier s’est dirigé vers une tourbière riche dans le secteur de Port-au-Saumon, alors que l’autre s’est lancé dans l’ascension vers le mont Alouette, dans la ZEC des Martres. À la suite de cette ascension assez courte (30 min), nous avons été récompensés par une vue splendide d’une mer de nuages sur la région, au sommet subalpin du mont Alouette. Ce fut un baume au cœur pour ceux qui, la veille, s’étaient astreints à gravir le mont Élie dans la brume sans voir un seul rayon de soleil. Lors de la montée, des espèces subalpines similaires à celles vues au mont Élie ont été observées : Vaccinium ovalifolium, Vaccinium cespitosum, Moneses uniflora et Carex bigelowii. Au sommet, cependant, un cortège d’espèces différent de celui du mont Élie nous attendait. Bien qu’aucun Salix uva-ursi n’ait été trouvé, le Diapensia lapponica était assez fréquent. Découvert tardivement sur le sommet en raison de sa petite taille, le Carex arctogena a attiré les curieux. Déjà connue dans Charlevoix, cette espèce n’en demeure pas moins à l’extrême limite sud de la répartition au Québec. Encore une fois, les lichens étaient maîtres des lieux et formaient un épais tapis dans les secteurs les plus exposés du sommet, parmi des bosquets bas de Vaccinium uliginosum.

Carex arctogena
Vaccinium uliginosum au mont Alouette
Sommet du mont Alouette

Le deuxième groupe a fait de belles trouvailles à la tourbière, et 400 observations y ont été réalisées. Parmi celles-ci, une espèce de mousse assez particulière, le Splachnum ampullaceum. Cette espèce a en effet la particularité de ne pousser que sur les vieux crottins et ses spores sont propagées par les mouches!

Splachnum ampullaceum sur un crottin!
Robert Gauthier au boulot

Durant toute la fin de semaine, un projet de bioblitz a été préparé sur iNaturalist. Tous les participants pouvaient y consigner leurs observations et leurs photos, et ce sont 29 personnes qui se sont prêtées au jeu pour enregistrer:

  • 2337 observations
  • 551 espèces
  • 420 espèces de plantes vasculaires
  • 72 espèces de bryophytes 
  • 57 champignons (y compris les lichens)

Bravo à Vincent Laurie qui a enregistré le plus grand nombre d’observations (477) et à Étienne Lacroix-Carignan qui a recensé le plus grand nombre d’espèces (260 sur les 551). Tous les résultats sont disponibles à l’adresse suivante : https://www.inaturalist.ca/projects/rendez-vous-botanique-fq-2025?tab=observations

À propos de l’auteur:

Étienne Lacroix-Carignan est étudiant à au doctorat dans le Laboratoire d’Étienne Léveillé-Bourret à l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) à l’Université de Montréal. Son projet de recherche porte sur la systématique des Carex de la sous-section Lupulinae et du clade Hirta, un groupe de plantes très diversifié, mais qui recèle encore de nouvelles espèces à décrire!

Science under the Spetses Sun: My Experience at The New Microbiology 2025

Science under the Spetses Sun: My Experience at The New Microbiology 2025

By Michael Shamash is a PhD student at McGill University

The picturesque island of Spetses, Greece, served as the backdrop for The New Microbiology EMBO FEBS lecture course, held from September 3rd to 11th, bringing together over 80 students with diverse backgrounds in microbiology.

Poster session by the ocean

“The New Microbiology” represents a shift toward a more integrative understanding of bacteria, not just as isolated organisms, but as complex systems interacting with their environments and hosts. The curriculum covered a range of cutting-edge topics, including bacterial cell biology, microbial evolution, pathogenesis, and the growing challenge of antibiotic resistance. The program was intensive, featuring lectures from pioneers in the field, including Dr. Pascale Cossart, Dr. Roberto Kolter, and Dr. Rotem Sorek.

As an early-career scientist, attending this course was a truly transformative experience. I had the opportunity to present my own PhD research during the poster sessions, investigating the effects of fecal virome transplants on the infant gut microbiome. In addition to receiving invaluable feedback from both peers and senior scientists, I was also awarded the FEMS Poster Award for my work.

Looking back, The New Microbiology course exceeded all expectations. I left Spetses not only with new ideas and insights, but also with a sense of excitement for the future of microbiology research. I am grateful to the QCBS Excellence travel award for providing the support that made my participation in this international meeting possible.

About the author:

Michael Shamash is a PhD student in the lab of Dr. Corinne Maurice, in the Department of Microbiology & Immunology at McGill University. His research focuses on the development of the infant gut microbiota, where he is exploring the potential of applying fecal virome transplants to alter microbial succession during early life.

De la tanière aux données : la valeur des bénévoles dans le suivi des ours scandinaves

De la tanière aux données : la valeur des bénévoles dans le suivi des ours scandinaves

Par Baptiste Brault, étudiant au doctorat à l’Université de Sherbrooke

En tant qu’étudiant au doctorat collaborant avec le Scandinavian Brown Bear Research Project (SBBRP), j’ai eu l’occasion cette année de me joindre à l’équipe de bénévoles coordonnée par Biosphere Expeditions dans la région de Dalarna, en Suède. Cette collaboration, qui réunit citoyens et scientifiques, constitue aujourd’hui un élément essentiel du programme de recherche du SBBRP sur l’écologie hivernale de l’ours brun (Ursus arctos).

Exploration d’une tanière d’ours brun

Contribution scientifique des bénévoles

La force principale de cette expédition réside dans la motivation des bénévoles et les efforts qu’ils et elles déploient sur le terrain. Grâce à leur engagement, il est possible d’inventorier chaque année plusieurs dizaines de sites de tanières et de collecter un volume de données qu’il nous serait impossible d’obtenir sans leur participation.

En 2025, ce travail collectif nous a permis d’enregistrer 51 tanières en seulement huit jours. Les équipes de bénévoles ont réalisé l’ensemble des mesures que nous collectons dans et autour des tanières avec une rigueur remarquable : localisation précise, dimensions de l’hibernacle, composition du lit, type de tanière, orientation, indices de reproduction, collecte de fèces, nature et proportion du couvert forestier, ainsi qu’un grand nombre d’autres variables nécessaires à ce suivi débuté en 1987.

Mais leur contribution ne se limite pas au travail manuel : elle repose aussi sur leur capacité à travailler de manière autonome, à planifier efficacement leurs itinéraires, à intégrer rapidement les protocoles scientifiques et à saisir les données dans la base dédiée. Notre base de données à long terme s’enrichit désormais chaque année grâce à la succession de ces groupes de bénévoles coordonnés par Biosphere Expeditions, qui nous aident à documenter l’écologie et le comportement hivernal des ours scandinaves.

Bénéfices pour la vulgarisation et la perception des sciences

Au-delà de l’aspect opérationnel, travailler avec des bénévoles représente une occasion rare de vulgarisation scientifique directe. Chaque journée sur le terrain devient un espace d’échanges où nous pouvons présenter nos méthodes, expliquer le rôle de chaque variable mesurée et plus largement discuter des enjeux de conservation de l’ours brun dans un contexte de perturbations humaines croissantes. C’est également l’occasion de les initier à différentes techniques de terrain, comme la télémétrie ou comment s’orienter.

Chaque jour, les scientifiques présents et moi-même avions l’occasion de communiquer autour de nos recherches et de l’écologie de l’ours brun scandinave, que ce soit lors de présentations formelles ou au fil des conversations quotidiennes : sur la route, pendant les pauses repas ou en fin de journée, et cela pendant une dizaine de jours. L’intérêt des bénévoles, souvent issus de milieux et de pays variés — six nationalités étaient représentées cette année — offre une perspective renouvelée sur notre propre travail. Leurs questions, réactions et observations m’ont amené à clarifier mes hypothèses et la manière dont je présente mes résultats au grand public.

Cette dynamique renforce la dimension pédagogique du projet : elle contribue également à créer une communauté de citoyens sensibilisés, informés et capables de relayer des connaissances fiables autour d’eux. L’expédition devient ainsi un outil puissant de science participative, doublé d’une mission de communication scientifique. Cette interaction directe permet d’aborder des thèmes complexes — gestion de la faune, conflits humains–faune, importance des suivis à long terme, démarche scientifique — avec un impact bien supérieur à celui de supports traditionnels.

Une complémentarité essentielle

Pour un chercheur, participer à une expédition comme celle-ci rappelle à quel point la science de terrain est un effort collectif. La contribution des bénévoles dépasse largement l’aide logistique : elle élargit notre capacité d’action, enrichit la diffusion de nos connaissances et renforce le lien entre société et recherche scientifique. Dans un contexte où les programmes de suivi de la faune sont soumis à des contraintes budgétaires croissantes, ces initiatives de science citoyenne jouent un rôle déterminant. Elles permettent de produire des données robustes, tout en partageant notre démarche scientifique avec des personnes motivées, curieuses et désireuses de contribuer à la conservation de la biodiversité.

Pour conclure, je souhaite adresser un immense merci à toutes et tous les bénévoles qui ont consacré leur temps, leur énergie et leur passion à cette expédition. Leur engagement, leur curiosité et leur bonne humeur ont non seulement rendu ce travail possible, mais ont aussi enrichi chaque journée passée sur le terrain. Je tiens également à remercier sincèrement Biosphere Expeditions pour leur organisation impeccable, leur soutien continu et pour avoir créé un cadre où la science participative peut réellement s’exprimer. Sans eux cette mission n’aurait tout simplement pas la même portée, ni la même qualité.

À propos de l’auteur :

Baptiste Brault est étudiant au doctorat dans le laboratoire de Fanie Pelletier à l’Université de Sherbrooke, où il travaille sur les effets des perturbations humaines et des changements climatiques sur le comportement d’hivernation et le succès reproducteur des ours bruns.

Macrophytes, Milestones, and Motivation: My second experience at the International Symposium on Aquatic Plants

Macrophytes, Milestones, and Motivation: My second experience at the International Symposium on Aquatic Plants

By Lindsay Trottier, PhD Candidate at McGill University

In September 2025, I had the opportunity to travel to Lisbon, Portugal, to attend the International Symposium on Aquatic Plants, an important meeting for scientists studying aquatic vegetation. The symposium brings together researchers, conservationists, and experts from around the world to share the latest advances in aquatic plant ecology, evolution, management, and conservation. I attended the last conference in November 2023 held in Antwerp, Belgium, and really enjoyed the experience. I met a lot of very interesting people at that last edition, and I was excited to reconnect with everyone after two years. Over 25 years ago, this conference was also held in Lisbon, Portugal, so the organizers decided “Back to the Future of Aquatic Plants and the Way Forward” would be a fitting theme.

This conference is very tightly related to my own research on aquatic plants (also known as macrophytes), so the discussions I have with other researchers and experts are always very valuable. Broadly, my research focuses on macrophyte functional traits, which are specific characteristics that describe the growth, reproduction, or survival of an organism. Functional traits tend to be easy to measure (e.g., plant height, leaf area) and can be used to link together biodiversity with ecosystem functioning. Some of my work has looked at how macrophyte functional traits vary seasonally, which could have implications for ecosystem functioning over time, and how macrophyte functional traits differ from those of terrestrial plants, which is important for our understanding of how aquatic plants adapt to life under water.

I knew this conference would be a busy one for me, as I had planned to present the preliminary findings of my third thesis chapter where I have compiled a global database of macrophyte functional traits (see details here: www.maptraits.com) and am using it with species distributions and environmental data to understand how the size and leaf physiology of aquatic plants varies spatially. In addition to presenting my own research, I registered to present a project on behalf of a colleague who was unable to attend the conference and a poster on a social group I organize for early-career researchers (ECRs) studying macrophytes.

It’s quite possible that I was spreading myself too thin… and then I also received an e-mail from the conference organizers inviting me to give a joint keynote presentation alongside three post-docs on the future of macrophyte research from the perspective of ECRs . The organizers wanted to hear the perspective of aquatic plant research and where we think the field is headed, which aligned with the forward-looking attitude of the conference. How can I say no to that?!

At our first meeting to work on the keynote, the three post-docs and I decided that it was important for this presentation to capture more than just our four perspectives. So we developed a survey to share with our networks (and beyond them!) to see what the ECRs as a broader group think. Preparing the keynote was both exciting and daunting. We wanted to highlight not just scientific trends, but also the challenges faced by young scientists entering the field. 

Over the summer, we worked tirelessly to share our survey as broadly as possible, before compiling and collating the responses, and trying to make sense of the results. In total, over 150 ECRs completed our survey – far beyond my expectations! Our central message was that the next generation of macrophyte research must embrace interdisciplinary collaboration, open data, and global inclusivity. We also discussed the importance of connecting field ecologists with data scientists across realms, and of linking local-scale studies to global trait databases and long-term monitoring efforts. Importantly, we highlighted the need for macrophyte researchers to embrace new technologies and incorporate them into our studies. Finally, we emphasized that, at the end of the day, macrophyte researchers should try to remember why we do this research in the first place: because macrophytes are COOL and aquatic ecosystems are important!

Presenting the keynote! Pictured from left to right: Dr. Anne Lewertentz, myself (Lindsay Trottier), Dr. Antonella Petruzzella.

The keynote was very well received, sparked great conversations with other ECRs during the conference, and opened the door for discussions with mid- and late- career researchers who are genuinely interested in making sure ECRs feel supported. Overall, the honour of giving a keynote presentation as a PhD candidate is certainly a highlight of my career so far and makes me feel extremely motivated to continue going down the path I have been going on.

Of course, I also learned that giving a keynote, two presentations, and a poster at a single conference is TOO MUCH. But I have certainly learned what my limit is, and that I can pull together a solid presentation on my own research in only a few days 😉

I want to thank the QCBS for providing me with an Excellence Award to help fund my participation and attendance at this conference. I feel incredibly lucky and proud to be a member of the QCBS, an organization that provides so much support to ECRs.

About the author:
Lindsay Trottier is a PhD Candidate at McGill University under the supervision of Dr. Lars Iversen. Her research focuses on the functional biogeography of freshwater aquatic plants. 

LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/lindsay-louise-trottier/
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Personal Website: https://www.lindsaytrottier.ca/

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